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#1 Le 06/03/2013, à 20:59

billou

Ce que veulent les jeunes.

Je suis tombé sur un petit article fort intéressant, du coup, je vous en fais un copier coller, tout en sollicitant votre avis sur la question, vos attentes vis à vis de la société.

A ceux qui se demandent ce que peut bien attendre un jeune de la vie, je leur réponds que c’est avant tout de pouvoir faire ses preuves, d’avoir le droit de commettre des erreurs et de reprendre son chemin. La simple idée qu’une fois le CDI en poche le pire est évité suffit à faire naître chez l’individu l’instinct de conservation au détriment de l’esprit d’aventure, seul à même de créer le goût du risque.

Prendre des risques implique que l’on se trompe, que l’on chute, que l’on pose un genou à terre. Prendriez-vous le moindre risque en sachant qu’en cas d’erreur, vous vous retrouvez sur un marché du travail rigide où finalement, l’erreur semble peu permise ? En réalité, l’obsession de la sécurité de l’emploi et les 35 heures ne font que renforcer la pression qui pèsent sur les salariés. Si je fais une erreur, comment pourrais-je me rattraper en ne travaillant que 35 heures ? Je prends des risques, commets une erreur et suis licencié. Comment pourrais-je trouver un travail ?

Est-ce à dire qu’il faut sécuriser de façon absolue le contrat de travail ? Dans ce cas, le risque est absent. Et ce pourrait être une bonne chose si le chef d’entreprise, de fait, n’en venait pas à avoir, lui, peur de prendre des risques. D’autant plus qu’il n’existe rien de plus difficile en entreprise qu’un employé et son patron incapables de s’entendre et qui, pourtant, continuent à se voir tous les jours comme un vieux couple marié qui ne s’aime plus depuis des années.

In fine, le marché du travail ne présente plus d’opportunités car à chaque offre de travail, s’accole une prime de risque que peu d’entreprises sont prêtes à accepter dans un tel contexte morose. La moindre erreur, pour le chef d’entreprise comme pour le salarié est fatale. Alors on ne bouge plus. Cela s’appelle la stérilisation. Et lorsqu’on stérilise, on empêche la reproduction. Si l’on empêche la reproduction, on éteint l’espèce. En résumé, on tue l’idée d’avenir.

A ceux qui trouverons la métaphore douteuse, je leur réponds que dans l’esprit d’un jeune aujourd’hui, conscient que ses premiers salaires seront faibles, que ses opportunités d’évolution de carrière seront faibles et que le nombre d’offres d’emploi sera faible, l’écho est puissant. La précarité, ça n’est pas le faible salaire. La précarité, ça n’est pas le risque de la perte d’emploi. La précarité, ça n’est pas le poste en bas de l’échelle. Tout cela, lorsque l’on débute demeure parfaitement légitime.

En revanche, la précarité c’est l’absence d’augmentation de salaire, elle-même fonction de l’absence d’opportunités d’évolution de carrière. La précarité, c’est de savoir que si l’on perd son emploi, le futur employeur réfléchira à trois fois avant de nous embaucher à nouveau, car il a déjà réfléchi à deux fois lorsqu’il lui a fallu calculer le coût de l’embauche et le coût d’un éventuel licenciement.

A tous ceux qui prétendent défendre le progrès social, je leur dis qu’ils tuent l’espoir. Je leur dis qu’ils gâchent toute chance de pouvoir faire ses preuves, mais surtout, de se tromper et de commettre des erreurs. Je leur dis qu’il n’ont que le présent à l’esprit et que la vie qu’il propose est vide de sens. Je leur dis qu’il tue le mouvement, alors même que le mouvement fait partie intégrante de notre nature de la plus infime des particules élémentaires jusqu’aux galaxies. Je leur dis qu’ils n’ont rien à offrir que la nostalgie d’un monde qui n’est plus qu’un songe.

Nous ne voulons pas d’un emploi sécurisé, ou devrais-je dire, verrouillé. Nous voulons pouvoir perdre un emploi et en retrouver un autre. Nous ne voulons pas d’un bail que le propriétaire ne peut pas rompre, mais nous voulons pouvoir perdre notre logement et en retrouver un. Nous ne voulons pas d’un salaire minimum de 1500€, nous voulons pouvoir augmenter notre salaire en faisant nos preuves. Nous ne voulons pas d’une indemnité chômage de deux ans financée avec de la dette qui oblige les entreprises à rogner l’économie productive seule à même de nous offrir des emplois.

En résumé, nous ne voulons pas être pris pour des fainéants à qui il faut tout donner. Nous voulons avoir la chance de faire nous-même notre place. Nous voulons votre confiance, et non votre assistance. Nous ne sommes pas en pannes, cessez simplement de lever le frein à main.

Source

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#2 Le 06/03/2013, à 21:50

ginette

Re : Ce que veulent les jeunes.

J'ai la chance, comme d'autres, d'être né avant,... d'être né dans un temps où le chômage était en dessous de 5%, eux ceux qui "chomaient" le faisaient quasiment exprès....et donc j'ai eu le droit de rêver, de me tromper, d'avoir des espoirs, et d'être en face de gens qui avaient envie de me recruter .
Et c'est vrai que la sécurité de l'emploi, toussa, c'est bien joli mais ce n'est pas forcément ce que recherche un jeune. Pour ne pas dire que pour lui ce sont des trucs de vieux. Oui il veut pouvoir passer d'un job à un autre, de pouvoir chercher sa voie et se faire les dents.
En ont-ils la possibilité aujourd'hui ? sans doute, mais à condition d'être bardé s de diplômes
Et non ils ne sont pas fainéants...ils bossent
Mais je me demandent s'ils sont considérés à leur juste valeur ?
le problème se posent aussi pour les + agés

#3 Le 06/03/2013, à 23:29

Sopo les Râ

Re : Ce que veulent les jeunes.

C'est un peu « ce que veulent les jeunes… UMP » ton truc. Merci, mais non merci. neutral


La sieste, c'est maintenant.
   * * *
« J'ai l'intention de vivre éternellement. Pour l'instant, tout se passe comme prévu. »

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#4 Le 06/03/2013, à 23:44

The Uploader

Re : Ce que veulent les jeunes.

Oh chouette, la flexisécurité. Non merci.


Passer de Ubuntu 10.04 à Xubuntu 12.04 LTS
Archlinux + KDE sur ASUS N56VV.
ALSA, SysV,  DBus, Xorg = Windows 98 !
systemd, kdbus, ALSA + PulseAudio, Wayland = modern OS (10 years after Windows, but still...) !  Deal with it !

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#5 Le 07/03/2013, à 00:16

Elzen

Re : Ce que veulent les jeunes.

« les jeunes veulent » ← généralisation abusive.

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#6 Le 07/03/2013, à 01:37

david96

Re : Ce que veulent les jeunes.

Je trouve le texte un peu fils à papa… Peut-être que je me trompe, mais c'est l'impression que j'en ai.

Déjà dans les années 80/90 c'était la crise, ça toujours été la crise en faite. En faite la crise, c'est ce qu'on appelle la vie normale pour la « France d'en bas » ! big_smile
Je ne dis pas qu'il faut fermer sa gueule pour autant, surtout pas, mais au lieu de pleurnicher, est-ce que la solution ne serait pas plutôt de faire une prise de ju-jitsu et notamment de jū afin d'inverser les rôles ?

Démonstration :
- Luc, approche, je dois te dire que je te merde toi et toute ta famille, et j'enculerai ensuite les enfants que tu engendreras. Alors Luc, t'as les boules ?

- Obiwan, je ne peux que vous remercier.

- Gné ! Mais as-tu compris ce que je viens de te dire petit écervelé ?

- Je vous pose la même question.

Dernière modification par david96 (Le 07/03/2013, à 01:38)

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#7 Le 07/03/2013, à 03:42

Ph3nix_

Re : Ce que veulent les jeunes.

J'imagine bien le genre de jeune auquel ce texte fait référence: blond avec une raie sur le côté, pantalon slim, foulard blanc avec un gilet bleu marine et sa carte ump dans la poche de son veston outré de toucher 1500€ et de ne travailler que 35h dans l'entreprise de papa...

Bref, pathétique !!!


Hiroshima 45 / Chernobyl 86 / Windows '95

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#8 Le 07/03/2013, à 09:32

ginette

Re : Ce que veulent les jeunes.

En fait  tout le monde critique le texte.
Un jeune c'est pas seulement quelqu'un avec un pull marin ou une parka et des jeans...il peut tout aussi bien avoir une cravate

Ce qui serait interessant c'est de dire comment vous vous voyez en tant que jeune ou comment vous voyez les jeunes en tant qu'ancien jeune ou toujours jeune.
Moi j'aurais 18 ou 20 ans aujourd'hui, je ferais un voyage, je partirais loin, en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie. A l'époque ce fut l'Afrique ou j'ai passé 1 an
Et je ferai ce que j'ai toujours fait: je mettrai un jean et une parka, mais dans mes valises j'aurais une veste et une cravate. Pour être prêt à tout, on ne sait jamais
Ca ne vient pas à l'idée d'emmener une cravate, bien sûr, parce que ça ne vient pas  à l'idée de partir. Tout simplement
Et comment, avec le bac en poche vous vous imaginez les choses?
Moi je le trouve pas si mal du tout ce texte et pas du tout fils à papa, d'ailleurs c'est ce qui transpire dans ma réaction
Alors à vous de jouer

Dernière modification par ginette (Le 07/03/2013, à 10:06)

#9 Le 07/03/2013, à 10:04

sounderk

Re : Ce que veulent les jeunes.

Moi je dit haut et fort il n'y a plus d'avenir dans ce pays.
N'en déplaise a certain qui se ferais presque un devoir de revenir en politique pour '' je cite la France'' , quand on fait le bilan des 5 ans  de cette même personne quel massacre!!!!
La communication en France est un tissus de mensonge ; tous les jours un baveux a un article élogieux a édité ou un reportage décrivant une réalité déformé a soumettre ; pour donné un peut d'espoir dans les chaumières . sans compté que ce même journaleux touche des pots de vin pour éditer des articles ou faire la promo-star du ministre ou du président du moment .
Ce pays sent la mort et l'échec dans peut de temps ; tous le monde va pleuré quand les allocations chômage; les allocations familiale ; les aides aux logements; la sécurité social ....ect vont tombés c'est programmé faut le savoir .Alors la peut être la masse populaire réagira.


L'homme de la PamPa. Linux pourquoi faire simple quand tous peut être compliqué.
Une petite pensée pour  Eli Wallach ....merçi encore Tuco
https://www.youtube.com/watch?v=BdK0jaLuJL8

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#10 Le 07/03/2013, à 10:06

inkey

Re : Ce que veulent les jeunes.

Moi ce qui me gène franchement dans ce texte c'est cette tendance à vouloir que tout bouge dans tout les sens , un peu à l'image de notre monde ou on veut «favoriser» (sic) les échanges même les plus absurdes.
D'ailleurs je ne crois pas au «goût du risque», pour autant j'aime bien essayer des choses mais c'est pas le risque que je prend qui me fait prendre la décision loin de là.
Je ne veut pas forcément pour autant que rien ne change hein.
Il faut savoir trouver son équilibre et si c'est l'environnement (patron,etc…) qui choisie à notre place , c'est jamais bon.
Chacun doit pouvoir choisir les risques qu'il veut prendre, c'est essentiel à mon sens smile .

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#11 Le 07/03/2013, à 10:08

ginette

Re : Ce que veulent les jeunes.

Pourrait peut-être aussi dépolitiser un peu  le débat.
Quand on, est jeune, quand on a 20 ans, on n'est pas qu'un animal politique avec ses convictions, droite / gauche toussa. Il y a aussi d'autres dimensions

#12 Le 07/03/2013, à 10:10

Marie-Lou

Re : Ce que veulent les jeunes.

Elzen a écrit :

« les jeunes veulent » ← généralisation abusive.

« les jeunes » ← généralisation abusive.

Dernière modification par Marie-Lou (Le 07/03/2013, à 10:11)


Compte clôturé

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#13 Le 07/03/2013, à 10:25

sounderk

Re : Ce que veulent les jeunes.

Je reprend une petite phrase de ton article Marie-Lou.

''Dans les classes populaires, ces gosses se retrouvent dans des décalages dans le monde du travail.''


Les jeunes il ont la niaque j'en voit tous les jours ; mais le malheur c'est qu'il n'y a pas de poste a leur proposer.  La voila la vrai réalité faut pas être sociologue pour comprendre ça .

Dernière modification par sounderk (Le 07/03/2013, à 10:26)


L'homme de la PamPa. Linux pourquoi faire simple quand tous peut être compliqué.
Une petite pensée pour  Eli Wallach ....merçi encore Tuco
https://www.youtube.com/watch?v=BdK0jaLuJL8

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#14 Le 07/03/2013, à 15:10

Slystone

Re : Ce que veulent les jeunes.

Il y a des postes mais ce n'est que de l'interim. Quand ce n'est pas de l'interim c'est quasiment jamais un cdd. C'est du touffage de gueule de dire qu'on voudrait plus de flexibilité pour plus de salaire. Pour n'importe quel poste un peu qualifié, les patrons demandent de 3 à 5 ans d'expérience mini pour un bac +4/+5, quand ce n'est pas le double. Le jeune qui trouve la sécurité de l'emploi avec un cdi, il a du piston, je ne vois pas comment il fait autrement.

Bref, cet article n'est pas du tout crédible en ce me concerne. :roll:


« Rigid, the skeleton of habit alone upholds the human frame. » - Virginia Woolf.
Mon petit blog avec mes tutos, mes trads, et mes humeurs (commentaires bienvenus).

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#15 Le 07/03/2013, à 16:48

Smon

Re : Ce que veulent les jeunes.

Il y a aussi des entreprises honnêtes qui proposent des postes intéressants aux jeunes.

Faut juste avoir la chance de tomber dessus cool

Dernière modification par Smon (Le 07/03/2013, à 16:49)

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#16 Le 07/03/2013, à 17:08

david96

Re : Ce que veulent les jeunes.

sounderk a écrit :

Les jeunes il ont la niaque j'en voit tous les jours ; mais le malheur c'est qu'il n'y a pas de poste a leur proposer.  La voila la vrai réalité faut pas être sociologue pour comprendre ça .

Il y a beaucoup de postes à pourvoir au contraire. Mais ils ne sont peut-être formés pour les exécuter.

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#17 Le 08/03/2013, à 07:49

Guillaume A.

Re : Ce que veulent les jeunes.

Bonjour tout le monde,
Je dois avouer que c'est avec surprise et avec plaisir que j'ai retrouvé mon article sur ce forum (www.librepolitique.wordpress.com).
Je vais être honnête tout de suite et donnez raison au plus suspicieux d'entre vous, je suis bien à l'UMP, et ce que certains appellent un "fils à papa". Je n'en suis ni fier, ni honteux. C'est comme ça. Et malgré mes efforts pour dépasser ma "condition", je constate qu'elle demeure visible entre les lignes.
Toutefois, je tiens à préciser que ce petit texte est surtout emprunt d'encore un peu de naïveté, mais certainement pas de mépris, de condescendance ou d'ignorance de la  situation de la jeunesse, et notamment de celle en grande difficulté économique et sociale. Je tiens également à préciser que, bien que de droite, je reste très attaché au principe de solidarité et ses corollaires, les droits sociaux. Enfin, j'ai eu la chance d'être aidé par ma famille, ce qui m'a en réalité permis de prendre des risques que ce soit sur le plan personnel (amoureux) et académique.

Le fait est que ce n'est pas vraiment pour moi que j'ai écrit ce texte, parce que j'ai le droit à l'erreur. Je peux perdre mon job (oui j'ai un job étudiant qui me prend une 60 heures par mois), je peux redoubler, je peux partir en vacances (là où je préfère faire des stage ou des jobs étudiant), je peux donner du temps et de l'énergie à ma relation amoureuse, je peux surtout, et c'est là le plus important, avoir des rêves et des ambitions comme avoir une belle famille, un métier sympa et une bonne bande de copains. Bref, je peux prendre des risques, qu'ils soient affectifs, professionnels ou académiques. Pourquoi ? Parce que je fais parti de ces jeunes qui, grâce à leur famille, dispose d'une solution de secours, d'un matelas sur lequel je peux tomber.
Pour la "jeunesse" en générale dans laquelle certains ne se sont pas reconnus, je sais que les choses sont différentes. L'insécurité matérielle est stressante, prenante et sérieusement handicapante. L'impression d'être "coincé" très forte et que ceux qui n'ont pas ces problèmes prendrons de toute façon la place que vous aurez par malheur désiré l'espace d'un instant.

Ce que je souligne, c'est que la plus grande inégalité n'est pas nécessairement matérielle. Elle réside dans le fait que certains ont les moyens d'espérer et d'autres non. Certains peuvent faire des erreurs et perdre un job, quand d'autres peuvent trop difficilement se le permettre. Certains peuvent redoubler ou hésiter dans leurs orientations, quand d'autres ne le peuvent pas. Certains peuvent dépenser de l'énergie dans leur relation amoureuse (parce qu'il en faut smile ), quand d'autres ne leu peuvent que trop difficilement.
Tout ça, je pense, ne dépends pas de la gratuité de la scolarité et de l'enseignement supérieur. Tout ça ne dépends pas des aides au logements. Tout ça ne dépend pas de la durée des indemnités chômage. Cette sécurité matérielle, sociale et psychologique dépend, dites-moi si je me trompe, de l'incapacité du marché du travail, du marché immobilier et celui de la formation (en présenciel, en continue ou à distance, à ouvrir des espaces pour ceux qui voudraient tenter leur chance, et offrir un bouée de sauvetage en cas d'échec. Ce qu'on appel aujourd'hui sécurité avec une bonne dose d'illusion, ne profite en réalité vraiment qu'à ceux qui sont déjà en sécurité, c'est-à-dire des gens comme moi. Jamais le marché du travail n'a autant été "sécurisé" qu'aujourd'hui. Pourtant, personne ne me dira qu'il est sûr. Jamais le marché immobilier n'a été autant subventionné, pourtant personne ne me dira qu'il est facile de se loger. Les études ne sont pas chères, pourtant personne ne pourra me dire qu'il suffit d'avoir son diplôme pour être reconnu sur le marché du travail.
Bref, à rendre extrêmement risqué et bien trop couteux un licenciement, papa ne prendra effectivement que son fils. A rendre la résiliation unilatérale d'un bail quasiment impossible, le propriétaire ne prêtera qu'à ceux qui sont déjà en sécurité. A dévaloriser les universités au nom de l'égalitarisme, ceux qui peuvent se payer une école de commerce (donc qui sont déjà en sécurité) récupèrent les emplois les plus sûrs.

Je suis peut être naïf, mais je regarde la situation de là où je suis, et ce que je vois, c'est qu'un chef d'entreprise n'attend que ça de pouvoir embaucher des jeunes qui ne viennent pas que de son microcosme social, que des propriétaires n'attendent que ça de louer leur logement à des jeunes qui démarrent et prennent des risques et que les entreprises adoreraient embaucher des jeunes issus de l'université, mais qui ne voient pas qu'est-ce qui, dans leur formation, leur a appris à connaître le monde professionnel.
Tout est extrêmement rigide, chaque choix économique et social ne peut être fait sans qu'il y ait un nombre de garanties que seule la jeunesse dont je suis issue peut apporter, du moins au premier abord (les apparence sont souvent trompeuses). Ces garanties sont comme des primes de risques que peut de moins en moins de gens ont le luxe de pouvoir se payer. Le prix de la prime de risque va croissant avec la rigidité du système.

J'espère que ce petit plaidoyer en faveur de la jeunesse ne sera plus rangé trop rapidement du côté "fils à papa encarté à l'UMP".

Bien cordialement,

Guillaume A.
www.librepolitique.wordpress.com

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#18 Le 08/03/2013, à 08:32

ginette

Re : Ce que veulent les jeunes.

Bonjour,
Sois jeune, curieux et restes-le le plus longtemps possible

#19 Le 08/03/2013, à 12:01

david96

Re : Ce que veulent les jeunes.

ginette tu faiblis smile

@Guillaume A., merci pour ton laïus.

Tu reconnais être privilégié et en ce sens pense être qualifié pour parler au nom de ceux qui ne le sont pas…
Y'a du vrai dans ce que tu dis, mais parfois, la réalité est tout autre, voir étonnante.

Je vais simplement prendre une partie de ton laïus.

Guillaume A. a écrit :

Certains peuvent faire des erreurs et perdre un job, quand d'autres peuvent trop difficilement se le permettre.

Sais-tu qu'il y a aussi ceux qui sont en CDI et qui veulent perdre leur job, mais sans démissionner sinon ils perdent leur droit ?
Un CDI, c'est formidable, par contre quand on tombe sur une hiérarchie tyrannique, c'est l'enfer.
Voilà, simplement pour te démontrer que tout n'est pas ce qu'on croit être.

Guillaume A. a écrit :

Bref, à rendre extrêmement risqué et bien trop couteux un licenciement, papa ne prendra effectivement que son fils. A rendre la résiliation unilatérale d'un bail quasiment impossible, le propriétaire ne prêtera qu'à ceux qui sont déjà en sécurité.

Là par contre, tu es bien dans ton domaine. Tu vois cette façon de voir les choses je ne suis pas habitué.
Pour ma part j'aurai pensé que :
Embaucher est trop coûteux, à la place de licencier
Faut avoir les moyens pour se loger, à la place de résilier un bail

wink

Édite : attention, je ne juge pas, au contraire, je trouve cela très intéressant la façon d'analyser notre environnement selon notre classe sociale.

Dernière modification par david96 (Le 08/03/2013, à 12:05)

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#20 Le 08/03/2013, à 13:56

Guillaume A.

Re : Ce que veulent les jeunes.

Bonjour David,

La question des moyens pour se loger et cette de la liberté de résiliation d'un bail n'est pas exactement la même. En revanche, les faits sont les suivants : l'augmentation de la rigidité du bail est proportionnelle à l'augmentation de l'exigence du propriétaire en terme de moyens à l'égard du locataire.
Embaucher est couteux, il suffit de demander à n'importe quel patron de petit bar, d'entreprise de bâtiment etc. ; de même que licencier : un licenciement implique un certain risque, juridique notamment (bien qu'il ne puisse être provisionné).

Enfin, la première remarque que tu as fait à propos des CDI est éloquente à plus d'un titre, et témoigne parfaitement de la rigidité du maché du travail. Si je pouvais résumer vulgairement : une fois que tu y es, surtout ne bouge plus !

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#21 Le 08/03/2013, à 14:11

david96

Re : Ce que veulent les jeunes.

Bonjour Guillaume,

Tout à fixe : le coût du travail est abusé en France, c'est indéniable.
Que ce soit la droite ou la gauche, ils ne veulent pas l'admettre. Pendant ce temps les petites PME bossent plus car ça leur coûte trop chère d'embaucher et les entreprises qui en ont les moyens se délocalisent.
Même un gamin de 5 ans comprends que la raison principale vient des charges qui sont vraiment trop lourdes.

Je verrai les choses ainsi : adapter les charges patronales (URSSAF/sécu, pôle-emploi, retraite), selon les moyens de l'entreprise voir au proratat du CA (Chiffre d'Affaire). Enlever l'impôt sur les bénéfices ou les passer à 15% (au lieu de 33% pour ceux qui ont dépassé le plafond) si promesse d'embauche pour l'année suivante.
Ça serait plus équitable et tout le monde à la fin y gagnerait. Au lieu de ponctionner bêtement sans ce soucier du CA que fait l'entreprise.

Sarkozy avait tenté le taux à 0%, mais seulement sur 1 an. Je ne sais pas du coup si on peut en tirer un bilan. Faudrait pousser l'expérience sur 5 ans, comme l'avait proposé Bayrou en 2007.

Dernière modification par david96 (Le 08/03/2013, à 14:15)

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#22 Le 08/03/2013, à 14:46

Sopo les Râ

Re : Ce que veulent les jeunes.

Moi je pense qu'il faudrait instaurer un salaire maximum. À 0 €. Comme ça, le marché de l'emploi serait moins rigide, et puis les pauvres actionnaires ne plieraient plus sous le poids des « charges ».


La sieste, c'est maintenant.
   * * *
« J'ai l'intention de vivre éternellement. Pour l'instant, tout se passe comme prévu. »

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#23 Le 08/03/2013, à 14:59

billou

Re : Ce que veulent les jeunes.

david96 a écrit :

Bonjour Guillaume,

[...]
les petites PME bossent plus car ça leur coûte trop chère d'embaucher et les entreprises qui en ont les moyens se délocalisent.
[...]
adapter les charges patronales (URSSAF/sécu, pôle-emploi, retraite), selon les moyens de l'entreprise voir au proratat du CA (Chiffre d'Affaire). Enlever l'impôt sur les bénéfices ou les passer à 15% (au lieu de 33% pour ceux qui ont dépassé le plafond) si promesse d'embauche pour l'année suivante.
Ça serait plus équitable et tout le monde à la fin y gagnerait. Au lieu de ponctionner bêtement sans ce soucier du CA que fait l'entreprise.

Je n'aurais pas dit mieux.

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#24 Le 08/03/2013, à 15:10

Berneri

Re : Ce que veulent les jeunes.

Pas mal de « charges » sont en fait du salaire différé : cotisations sociales pour l'assurance maladie, l'assurance retraite, l'assurance chômage. Les diminuer va se répercuter sur les retraites, etc… Et on a beau être jeune, on n'a pas forcément envie d'avoir une retraite de merde. Le reste des charges vont dans les impôts, et, je trouve moi, que les entreprises utilisent aussi les routes, etc… Il est normal que, à l'instar des autres citoyens, elles les financent.

Sinon, en gros, ce post dit que pour combattre l'inégalité, il faut… Plus d'inégalité (rendre les universités plus chères, par exemple), un peu comme la solution à une crise due à la dérégulation serait plus de dérégulation. Outre le fait que ce texte ne peut être un résumé de ce que veut la jeunesse, comme le dit Elzen, parce qu'écrit par un seul jeune, qui ne représente que lui-même, il n'a même pas le mérite de l'originalité : ce sont, peu ou prou, des antiennes néo-libérales. L'une d'entre elles étant que les patrons sont ceux qui prennent le plus de risque. Dans une PME, on peut raisonnablement arguer que le risque de perdre son emploi est partagé à égalité ; dans les grosses boîtes en revanche, il est très clair que seuls les salariés sont soumis à des risques, pris pour eux par leurs patrons mais dont ces derniers ne perçoivent aucune conséquence (quand on gagne 1 M d'€ par an, on ne prend aucun risque, en tout cas, faut pas compter sur moi pour avoir une quelconque compréhension pour ces types).

Ensuite, effectivement, l'auteur de ce texte soit ne connais pas le monde du travail, soit n'aura jamais à faire face à ce qu'il propose (et j'en viens sincèrement à espérer qu'il soit confronté à ce qu'il propose, tiens), parce que si on perd son emploi parce qu'on a « fait une erreur », bon courage pour retrouver un boulot. Il y a certains emplois où, sans lettre de recommandation, pas de travail, et dans ce cas, on fait quoi ? Parce que si on se fait virer parce qu'on fait une erreur, on peut faire une croix sur la lettre de recommandation. Comme les patrons n'embauchent pas pour être gentils, croire que faire des erreurs (qui nous feraient virer) n'auraient aucune conséquence sur les perspectives d'un emploi futur est irréaliste, pour être gentil.

Dernière modification par Berneri (Le 08/03/2013, à 17:22)


"La liberté d'autrui étend la mienne à l'infini."
M. Bakounine
« Le capitalisme ne se discute pas, il se détruit. »
Buenaventura Durruti

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#25 Le 08/03/2013, à 17:50

ginette

Re : Ce que veulent les jeunes.

ginette tu faiblis

C'est pas que je faiblisse, mais je trouverais dommage de coller à Guillaume A une étiquette. Après tout il est ce qu'il est,  il est né comme ça, comme d'autres naissent autrement, dans un milieu différent et c'est ainsi que le monde est fait.
Je trouve simplement bien qu'un jeune qui affiche ce qu'il est, et  vienne ici s'en expliquer,  discuter, et il le fait et expose ses idées en toute franchise
Après , fils à papa ou pas fils à papa, blanc noir jaune peigné ou pas, ...il est ce qu'il est et n'a pas choisi, ne s'en plaint pas , ne revendique pas grand chose sauf à être pris tel qu'il est et puis voilà.
Il a certainement ses atouts comme d'autres ont les leurs, et voilà

Désolé j'écris brouillon, je fais 36 choses à la fois

Ensuite, effectivement, l'auteur de ce texte soit ne connais pas le monde du travail, soit n'aura jamais à faire face à ce qu'il propose (et j'en viens sincèrement à espérer qu'il soit confronté à ce qu'il propose, tiens), parce que si on perd son emploi parce qu'on a « fait une erreur », bon courage pour retrouver un boulot. Il y a certains emplois où, sans lettre de recommandation, pas de travail, et dans ce cas, on fait quoi ? Parce que si on se fait virer parce qu'on fait une erreur, on peut faire une croix sur la lettre de recommandation. Comme les patrons n'embauchent pas pour être gentils, croire que faire des erreurs (qui nous feraient virer) n'auraient aucune conséquence sur les perspectives d'un emploi futur est irréaliste, pour être gentil.

N'empêche, il a dit certaine choses tout à fait vraies..en tout cas avec lesquelles je suis d'accord.

Dernière modification par ginette (Le 08/03/2013, à 17:55)

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