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#1 Le 11/04/2013, à 11:11

pierrecastor

la norme et l’excentrique

Salut tout le monde.

Sur ce forum, dans le topic sur le sexisme et la société, on à souvent parler de norme (ici, par exemple, mais aussi de partout ailleurs, vu que cette histoire de norme est un fondement du sexisme) , de son pouvoir contraignant et de ce quelle implique pour ceux qui la subisse.

Pour illustrer la puissance de la norme, j'ai trouver que l'article posté ici hier par kanor sur le tdct était vraiment parlant, une femme qui se teint les cheveux en bleu et qui raconte comment ça influence les réactions (et même de façon violente) à son encontre.

Certains (sur le topic du sexisme) trouvait cette violence "normal" parce que si ont sort de la norme, c'est "normal" de se faire agresser pour ça. D'autre trouvait que ce n'était pas normal, et qu'il faudrait faire évoluer la norme ou au moin la façon dont à la perçois et on l'utilise comme contrainte pour la société

Suite à ces discutions, je suis tomber sur une page dans un des derniers courier internationnal que j'ai trouvé très intéressante dans sa façon de présenter les choses.

Certes l'infographie est à la mode et est utiliser pour tout et n'importe quoi, mais je pense que c'est un bon exemple de son utilité quand elle est bien utilisé.

Ca illustre le pouvoir des excentriques pour faire bouger une norme et les résistance que ça entraine.
1365671545.jpg

Et article ici :

http://www.courrierinternational.com/ar … centricite

Dernière modification par pierrecastor (Le 11/04/2013, à 11:24)


C'est cool, les quotes dans la signature, j'en une super, n'est-ce pas ? :lol:

S.O.D.

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#2 Le 11/04/2013, à 12:11

loutre

Re : la norme et l’excentrique

Très intéressant. Les schémas sont très parlants.

Reste à discuter "vers quelle norme pousse l'excentrique" ?

Les exemples donnés sont des gentils excentriques (Dali, les Beatles...). Ce qui donne une bonne image d'eux, les rendant essentiels à la survie d'une société.

Ma question à 2 centimes : Hitler, Lénine, Ford, étaient-ils des excentriques orbitaux ? Eux aussi ont déplacé la norme. Contribuent-ils, au même titre que les gentils excentriques, à ce que la société "ne meure pas d'ennui" comme le dit la citation de J. Serra ?


=°.°=
J'ai éprouvé l'irrésistible désir d'aller porter ma jeune existence au-delà de l'horizon, là où l'espace et le vent offrent à l'homme une dimension que je voyais comme une éternité palpable. Mes blogs au Tchad, vers Compostelle.

En ligne

#3 Le 11/04/2013, à 12:49

Marie-Lou

Re : la norme et l’excentrique

Salut,

Certains (sur le topic du sexisme) trouvait cette violence "normal" parce que si ont sort de la norme, c'est "normal" de se faire agresser pour ça. D'autre trouvait que ce n'était pas normal, et qu'il faudrait faire évoluer la norme ou au moin la façon dont à la perçois et on l'utilise comme contrainte pour la société

La difficulté est de distinguer le « normal » entendu en son sens sociologique et le « normal » entendu en son sens moral ou politique. Au premier sens du terme, il est en effet « normal » qu'une déviance suscite des sanctions (dans un sens très large). En fait, l'idée de sanction est inhérente à la définition même de la norme sociale. C'est en ce sens qu'on peut définir le crime comme phénomène normal : il est « normal » parce qu'il fait partie du fonctionnement même des sociétés. Ça ne préjuge pourtant pas du jugement moral que l'on portera sur le crime.

je pense que c'est un bon exemple de son utilité quand elle est bien utilisé.

Ca illustre le pouvoir des excentriques pour faire bouger une norme et les résistance que ça entraine.

Je suis d'accord pour lui trouver une forme d'intérêt, mais je doute toujours de l'utilité réelle d'un tel schéma lorsqu'il n'est pas accompagné d'un texte pour l'expliquer / le nuancer / montrer en quoi il est nécessairement réducteur.

Quelques critiques, en vrac, pour illustrer mon propos :

- faudrait définir « excentrique ». Le terme qu'on emploie généralement pour désigner quelqu'un qui rompt une norme est celui de « déviant ». Par exemple, je ne vois pas en quoi Steve Jobs, ou Bill Gates peuvent être qualifiés d'excentriques (mais je ne connais pas leur bio).

- le problème d'un tel schéma où 1 point = 1 individu est qu'il réduit la place (ou le mouvement) d'un individu à une espèce d'unique norme qui résumerait sa vie. Or, on peut être excentrique/déviant dans un univers social particulier, et parfaitement normal dans les autres. Quand Fosbury crée le saut du même nom, ça n'impacte évidemment qu'un univers très particulier. Dire de quelqu'un qu'il « est » ou « n'est pas » excentrique/déviant, de manière décontextualisée, c'est tout de même embêtant.

- je ne comprends pas pourquoi on n'a pas de modèle d'une norme qui repousse les individus. Et fondamentalement je m'interroge sur la pertinence de l'idée d'orbite. Qu'est censée représenter l'idée de « tourner autour » de la norme ? Pourquoi, dans le cas de l'excentrique orbital (au centre), des personnes qui étaient situées loin de la norme se retrouvent dans la forme aplatie (donc, elles résistent au changement), alors qu'elles étaient censées entretenir justement une grande distance à la norme et seraient donc susceptibles d'être aisément attirées vers une norme alternative ?

- j'aimerais bien avoir l'explication de ce qu'est un excentrique « sans aucune norme ».

- et puis le sous-titre est prétentieux. Il ne dit rien du « comment », justement. En représentant les choses de la sorte (avec des figures qui font penser à des champs magnétiques) on confère une espèce de « pouvoir », de « force » à des individus, mais cela reste bien mystérieux.


Compte clôturé

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#4 Le 11/04/2013, à 20:46

Sopo les Râ

Re : la norme et l’excentrique

Marie-Lou a écrit :

- j'aimerais bien avoir l'explication de ce qu'est un excentrique « sans aucune norme ».

Un fou ? Ou un dieu.


La sieste, c'est maintenant.
   * * *
« J'ai l'intention de vivre éternellement. Pour l'instant, tout se passe comme prévu. »

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#5 Le 12/04/2013, à 00:00

Ghost33

Re : la norme et l’excentrique

La norme...
Pourquoi l'homme a-t-il besoin de définir des normes ?

Dans certains cas, c'est une question d'utilité, par exemple en électricité il est important qu'il y ai des normes, pour que tout soit compatible et sans risque.

Par contre lorsqu'il s'agit de l'appliquer à l'être humain, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il s'agit d'une marque de racisme/austracisme/homophobie/peur de l'autre.
Après tout, qu'est-ce que ça peut bien faire si on est différent, tant qu'on est heureux ?
Pourquoi devrait-on définir une norme, si ce n'est pour définir que ceux et celles qui sont différents de la majorité sont des "anormaux" ?
Je trouve donc que derrière l'idée de norme attribuée à l'humain, il y a un jugement porté sur l'autre que je considère totalement déplacé car chacun d'entre nous a le droit d'être ou de vivre comme il/elle en a envie ou comme il/elle est né(e). Evidemment, tant que cela ne porte pas atteinte à autrui.


Légalise le lait fraise !

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#6 Le 12/04/2013, à 05:28

Grünt

Re : la norme et l’excentrique

Je suis assez étonné par le fait de mettre Albert Einstein sur le même plan que, par exemple, les Beatles.

Une découverte scientifique va peut-être bouleverser les normes d'une société, mais présenter ça comme une évolution artistique ou sociale c'est relativiser totalement le travail scientifique. Une théorie scientifique est quelque chose de réfutable, elle ne relève pas (comme d'autres variables sociologiques) d'un choix collectif, puisqu'elle doit se confronter à l'objectivité de la matière.


Red flashing lights. I bet they mean something.

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#7 Le 12/04/2013, à 08:39

compte supprimé

Re : la norme et l’excentrique

Grünt a écrit :

Une théorie scientifique est quelque chose de réfutable, elle ne relève pas (comme d'autres variables sociologiques) d'un choix collectif,

Les choix collectifs ne peuvent ils pas être mis en question et réfutés ?

Ghost33 a écrit :

Évidemment, tant que cela ne porte pas atteinte à autrui.

cela représente déjà une sacré collection de normes

Dernière modification par Curiosus (Le 12/04/2013, à 08:41)

#8 Le 12/04/2013, à 10:41

Marie-Lou

Re : la norme et l’excentrique

Ghost33 a écrit :

La norme...
Pourquoi l'homme a-t-il besoin de définir des normes ?

Dans certains cas, c'est une question d'utilité, par exemple en électricité il est important qu'il y ai des normes, pour que tout soit compatible et sans risque.

Par contre lorsqu'il s'agit de l'appliquer à l'être humain, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il s'agit d'une marque de racisme/austracisme/homophobie/peur de l'autre.
Après tout, qu'est-ce que ça peut bien faire si on est différent, tant qu'on est heureux ?
Pourquoi devrait-on définir une norme, si ce n'est pour définir que ceux et celles qui sont différents de la majorité sont des "anormaux" ?
Je trouve donc que derrière l'idée de norme attribuée à l'humain, il y a un jugement porté sur l'autre que je considère totalement déplacé car chacun d'entre nous a le droit d'être ou de vivre comme il/elle en a envie ou comme il/elle est né(e). Évidemment, tant que cela ne porte pas atteinte à autrui.

À mon sens tu as une vision trop restrictive et péjorative, de ce qu'est une norme. Sans norme, on ne pourrait pas acheter notre baguette à la boulangerie. Lorsque je m'y rends, c'est à une heure où la boulangerie est la plus susceptible d'être ouverte ; je sais que je pourrai y payer avec mes pièces en euro ; je sais que je devrai m'adresser au vendeur/à la vendeuse en français ; que si je dis « bonjour », j'ai plus de chance d'être bien reçu que si je ne dis rien ; que je dois attendre, dans la file, dans l'ordre d'arrivée ; que je dois me tenir à une certaine distance du client qui me précède (il risquerait de se sentir agressé si je le collais) ; que je dois attendre un signe (oral ou physique) du vendeur avec d'expliciter ma commande, etc. etc. Sans norme, impossible de coordonner nos actions… Et je reste là à un niveau très microsocial, qui n'est pas le seul possible.

Sopo les Râ a écrit :

Un fou ? Ou un dieu.

C'est aussi ce à quoi je pensais…
« Quiconque ne peut vivre dans la société des hommes ou n'en a pas besoin, est une bête ou un Dieu », Aristote.


Compte clôturé

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#9 Le 12/04/2013, à 12:26

side

Re : la norme et l’excentrique

L’excentricité n'est qu'une norme alternative à la norme dominante.

Opposer norme et excentricité n'apporte rien de bien consistant. Ce qui est réel ce sont les rapports de force entre les groupes d'individus et entre les individus, leurs groupes et leurs propres institutions.

Les normes, saybien. Parce que sans normes je ne suis rien du tout. Tout le monde se définit selon des normes plus ou moins explicite. Sans les normes je n'ai plus de point d'ancrage vers lequel m'insurger contre ou affirmer mon approbation.

Prôner un monde sans norme, c'est définir une norme, la norme qui dit qu'il ne doit pas y avoir de norme. Et amha ce genre de norme est absolument totalitaire, car totalisante, bien plus que les normes, certes parfois rétrogrades, contre lesquelles s'élèvent des libertaires à la petite semaine qui voudraient foutre en l'air les normes, interdire d'interdire toussa.

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#10 Le 12/04/2013, à 12:36

Grünt

Re : la norme et l’excentrique

Curiosus a écrit :
Grünt a écrit :

Une théorie scientifique est quelque chose de réfutable, elle ne relève pas (comme d'autres variables sociologiques) d'un choix collectif,

Les choix collectifs ne peuvent ils pas être mis en question et réfutés ?

Si, mais il faut que la société pèse d'un certain poids. Tandis qu'une théorie scientifique peut être réfutée par une seule personne.

side a écrit :

Prôner un monde sans norme, c'est définir une norme, la norme qui dit qu'il ne doit pas y avoir de norme. Et amha ce genre de norme est absolument totalitaire, car totalisante, bien plus que les normes, certes parfois rétrogrades, contre lesquelles s'élèvent des libertaires à la petite semaine qui voudraient foutre en l'air les normes, interdire d'interdire toussa.

Je crois que tu confonds le fait de souhaiter la disparition de toutes les normes, et le fait de souhaiter qu'elles ne soient plus imposées par la force.
Les libertaires n'ont rien contre les normes, c'est le caractère obligatoire (par la loi, par la pression sociale..) de normes non nécessaires, qu'ils contestent.


Red flashing lights. I bet they mean something.

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#11 Le 12/04/2013, à 12:57

side

Re : la norme et l’excentrique

Grünt a écrit :

Je crois que tu confonds le fait de souhaiter la disparition de toutes les normes, et le fait de souhaiter qu'elles ne soient plus imposées par la force.

Non.

moi a écrit :

Ce qui est réel ce sont les rapports de force entre les groupes d'individus et entre les individus, leurs groupes et leurs propres institutions.

Mais personnellement, je ne suis pas contre l'imposition des normes par la force, si on comprend bien que la force n'est pas la violence, en tout cas, pas exclusivement.

Il y a des normes qu'on nous impose par la force, notamment la force de la Loi, et c'est très bien.

Ce qui gène la jeune femme dans l'article cité par pierrecastor, c'est la pression sociale, engendré par force du regard d'autrui. Et ça, rien ne peut y faire, c'est largement dans le regard des autres que je me définis, si ce qu'il me renvois, si le retour du regard d'autrui me semble négatif, deux solutions :
- accepter la domination de la société sur son individualité, et se conformer.
- refuser et avoir plus de force morale que la société.

S'organiser politiquement pour infléchir le regard d'autrui sur des individualités excentriques, pour faire en sorte que la société tolère, pour inverser le processus de domination, le contrer, perso, je trouve ça bidon. C'est cloisonnant, peu efficace, c'est toujours l'expression de minorités qui tapent à côté en prônant la tolérance, et très souvent, c'est absolument bisounours comme démarche. Si une minorité, un groupe de gens minoritaire, veut anéantir la domination sociale qui s'exerce sur elle, du fait même d'être minoritaire, qu'elle prenne le pouvoir par la force et impose sa domination.


Grünt a écrit :

Les libertaires n'ont rien contre les normes

Ceux à la petite semaine, si.

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#12 Le 12/04/2013, à 13:14

Marie-Lou

Re : la norme et l’excentrique

side a écrit :

Les normes, saybien. Parce que sans normes je ne suis rien du tout. Tout le monde se définit selon des normes plus ou moins explicite. Sans les normes je n'ai plus de point d'ancrage vers lequel m'insurger contre ou affirmer mon approbation.

Je suis d'accord avec tout ça, sauf sur le « saybien ». Ce n'est ni bien ni mal. C'est, point. Ce n'est que sur une norme particulière qu'on peut s'exprimer moralement ou politiquement.

Norms are informal rules that guide social interaction. They are, as Cristina Bicchieri (2006) calls them, “the rules we live by.” As such, norms constitute a critical component in the makeup of human cultures and therefore play a highly significant role in determining what it means to be human.

(Encyclopédie Blackwell de sociologie)


Compte clôturé

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#13 Le 12/04/2013, à 14:28

yrieix

Re : la norme et l’excentrique

Vous pouvez lire l'article du lien première page ? J’accède à la présentation du truc, avec deux vidéos en espagnol et ça :

Le lien a écrit :

Dans ses travaux, il exploite souvent avec humour l’ensemble des outils journalistiques pour les mettre au service d’une idée.
“C’est en relisant des entretiens avec William Burroughs, dans lesquels l’écrivain déplore la disparition des excentriques en Angleterre, que j’ai entrepris ce travail, explique Jaime Serra. Parce que notre époque est orpheline de ce genre de personnages hors norme porteurs de nouvelles façons de comprendre la vie.”

Peut-être qu'il faut être abonné ?

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#14 Le 12/04/2013, à 14:32

pierrecastor

Re : la norme et l’excentrique

@yrieix :

Y'a pas vraiment d'article en dehors de ce que tu viens de cité. A la base, le numéro papier du CI ne contient que l'infographie, et "l'article" sur leur site ajoute les vidéo et les quelques ligne de textes dont tu parle.


C'est cool, les quotes dans la signature, j'en une super, n'est-ce pas ? :lol:

S.O.D.

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#15 Le 12/04/2013, à 14:36

yrieix

Re : la norme et l’excentrique

Ah ok au temps pour moi, j'ai été influencé par ce passage de side :

"Ce qui gène la jeune femme dans l'article cité par pierrecastor, c'est la pression sociale"

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#16 Le 12/04/2013, à 14:39

pierrecastor

Re : la norme et l’excentrique

yrieix a écrit :

Ah ok au temps pour moi, j'ai été influencé par ce passage de side :

"Ce qui gène la jeune femme dans l'article cité par pierrecastor, c'est la pression sociale"


Il parlait du premier article que j'ai cité dans mon message : http://stephelakh.tumblr.com/post/47651 … heveux#_=_


C'est cool, les quotes dans la signature, j'en une super, n'est-ce pas ? :lol:

S.O.D.

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#17 Le 12/04/2013, à 14:44

yrieix

Re : la norme et l’excentrique

Oulah ok, j'suis à l'ouest. Merci ^^

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#18 Le 12/04/2013, à 15:09

side

Re : la norme et l’excentrique

Marie-Lou a écrit :

Ce n'est que sur une norme particulière qu'on peut s'exprimer moralement ou politiquement.

Huummm. Pas tout à fait d'accord. On peut exprimer un avis quant à l'existence même des normes. Accoler une valeur positive ou négative à cette existence.

Peut-être est-ce futile, les normes sont, quelques soit mon opinion sur le fait qu'elles soient.
Dès lors, il est plutôt bien venu de considérer l'existence de normes comme bon car cette existence s'impose aux individus et aux sociétés, et il est toujours mieux de s’accommoder de ce qui est, de ce qui ne peut que être, plutôt que de se battre contre des moulins à vent.

La catégorie norme, c'est bien parce que justement c'est dans cette catégorie qu'on trouve « a highly significant role in determining what it means to be human. »


Encyclopédie Blackwell a écrit :

Norms are informal rules

Qu'en est-il de l'autorité ?

Je lis que les règles informelles ne sont pas sanctionnées par une autorité quelconque ici. J'ai un peu de mal avec ça. Pour moi, la société dans ces mouvements d'exclusions et d'inclusions est une forme d'autorité (une autorité informelle ?) qui sanctionne clairement la déviance. Suffit de se trimballer dans la rue avec des cheveux bleu pour comprendre qu'il y a une autorité sociale. Les gens sont une autorité.


Par ailleurs, les normes informelles m'apparaissent comme une part seulement des normes. Les normes formelles, les règles édictées (celle qui sont assurément sanctionnées par une autorité donc) sont tout autant, voir plus, normatives que les normes informelles. Il y a la Loi et il y a les mœurs, ou la morale. La Loi, tout le monde est obligé de s'y conformer, la morale, il y a toujours moyen de louvoyer, de contourner, de nier, de s'opposer ...

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#19 Le 12/04/2013, à 15:29

Marie-Lou

Re : la norme et l’excentrique

side a écrit :
Marie-Lou a écrit :

Ce n'est que sur une norme particulière qu'on peut s'exprimer moralement ou politiquement.

Huummm. Pas tout à fait d'accord. On peut exprimer un avis quant à l'existence même des normes. Accoler une valeur positive ou négative à cette existence.

Peut-être est-ce futile, les normes sont, quelques soit mon opinion sur le fait qu'elles soient.
Dès lors, il est plutôt bien venu de considérer l'existence de normes comme bon car cette existence s'impose aux individus et aux sociétés, et il est toujours mieux de s’accommoder de ce qui est, de ce qui ne peut que être, plutôt que de se battre contre des moulins à vent.

La catégorie norme, c'est bien parce que justement c'est dans cette catégorie qu'on trouve « a highly significant role in determining what it means to be human. »

Je vois ce que tu veux dire. Mais à partir du moment où les normes sont inhérentes à la vie de l'Homme en société, donc à la vie de l'Homme tout court, alors elles juste sont tongue Dire que les normes « c'est bien », à mes oreilles, c'est comme dire que la gravité « c'est bien » (parce que, par exemple, ça nous permet de construire des abris), ou qu'avoir deux jambes, « c'est bien », parce qu'on aurait du mal à se déplacer à cloche-pied… Alors oui, on peut estimer que « c'est bien » d'avoir deux jambes… mais, comme tu le proposes, je trouverais cette assertion très futile.


Encyclopédie Blackwell a écrit :

Norms are informal rules

Qu'en est-il de l'autorité ?

Je lis que les règles informelles ne sont pas sanctionnées par une autorité quelconque ici. J'ai un peu de mal avec ça. Pour moi, la société dans ces mouvements d'exclusions et d'inclusions est une forme d'autorité (une autorité informelle ?) qui sanctionne clairement la déviance. Suffit de se trimballer dans la rue avec des cheveux bleu pour comprendre qu'il y a une autorité sociale. Les gens sont une autorité.

Oui, la définition que tu as trouvée est bizarre. J'imagine que par autorité, il faut entendre une autorité désignée comme telle, dont le rôle social « officiel » est de faire respecter la norme (un flic, un juge, un instit, un prêtre…). Mais on est d'accord, toute norme a un pouvoir coercitif, toute norme place celui qui la viole (ou celui qui est désigné comme l'ayant violée) face à une sanction, ou moins potentielle.

Faut reprendre les grands classiques. Les toutes premières lignes de « Les règles de la méthode sociologique » de Durkheim, chapitre 1 sur « Qu'est-ce qu'un fait social ? » :

Quand je m'acquitte de ma tâche de frère, d'époux ou de citoyen, quand j'exécute les engagements que j'ai contractés, je remplis des devoirs qui sont définis, en dehors de moi et de mes actes, dans le droit et dans les mœurs. Alors même qu'ils sont d'accord avec mes sentiments propres et que j'en sens intérieurement la réalité, celle-ci ne laisse pas d'être objective ; car ce n'est pas moi qui les ai faits, mais je les ai reçus par l'éducation. Que de fois, d'ailleurs, il arrive que nous ignorons le détail des obligations qui nous incombent et que,  pour les connaître il nous faut consulter le Code et ses interprètes autorisés ! De même, les croyances et les pratiques de sa vie religieuse, le fidèle les a trouvées toutes faites en naissant ; si elles existaient avant lui, c'est qu'elles existent en dehors de lui. Le système de signes dont je me sers pour exprimer ma pensée, le système de monnaies que j'emploie pour payer mes dettes, les instruments de crédit que j'utilise dans mes relations commerciales, les pratiques suivies dans ma profession, etc., etc., fonctionnent indépendamment des usages que j'en fais. Qu'on prenne les uns après les autres tous les membres dont est composée la société, ce qui précède pourra être répété à propos de chacun d'eux. Voilà donc des manières d'agir, de penser et de sentir qui présentent cette remarquable propriété qu'elles existent en dehors des consciences individuelles.

Non seulement ces types de conduite ou de pensée sont extérieurs à l'individu, mais ils sont doués d'une puissance impérative et coercitive en vertu de laquelle ils s'imposent à lui, qu'il le veuille ou non. Sans doute, quand je m'y conforme de mon plein gré, cette coercition ne se fait pas ou se fait peu sentir, étant inutile. Mais elle n'en est pas moins un caractère intrinsèque de ces faits, et la preuve, c'est qu'elle s'affirme dès que je tente de résister. Si j'essaye de violer les règles du droit, elles réagissent contre moi de manière à empêcher mon acte s'il en est temps, ou à l'annuler et à le rétablir sous sa forme normale s'il est accompli et réparable, ou à me le faire expier s'il ne peut être réparé autrement. S'agit-il de maximes purement morales ? La conscience publique contient tout acte qui les offense par la surveillance qu'elle exerce sur la conduite des citoyens et les peines spéciales dont elle dispose. Dans d'autres cas, la contrainte est moins violente ; elle ne laisse pas d'exister. Si je ne me soumets pas aux conventions du monde, si, en m'habillant, je ne tiens aucun compte des usages suivis dans mon pays et dans ma classe, le rire que je provoque, l'éloignement où l'on me tient, produisent, quoique d'une manière plus atténuée, les mêmes effets qu'une peine proprement dite. Ailleurs, la contrainte, pour n'être qu'indirecte, n'en est pas moins efficace. Je ne suis pas obligé de parler français avec mes compatriotes, ni d'employer les monnaies légales ; mais il est impossible que je fasse autrement. Si j'essayais d'échapper à cette nécessité, ma tentative échouerait misérablement. Industriel, rien ne m'interdit de travailler avec des procédés et des méthodes de l'autre siècle ; mais, si je le fais, je me ruinerai à coup sûr. Alors même que, en fait, je puis m'affranchir de ces règles et les violer avec succès, ce n'est jamais sans être obligé de lutter contre elles. Quand même elles sont finalement vaincues, elles font suffisamment sentir leur puissance contraignante par la résistance qu'elles opposent. Il n'y a pas de novateur, même heureux, dont les entreprises ne viennent se heurter à des oppositions de ce genre.

Par ailleurs, les normes informelles m'apparaissent comme une part seulement des normes. Les normes formelles, les règles édictées (celle qui sont assurément sanctionnées par une autorité donc) sont tout autant, voir plus, normatives que les normes informelles. Il y a la Loi et il y a les mœurs, ou la morale. La Loi, tout le monde est obligé de s'y conformer, la morale, il y a toujours moyen de louvoyer, de contourner, de nier, de s'opposer ...

Je ne suis pas certain. Tant par leur nombre (incalculables) que par leur nature même (non explicitées, intégrées, paraissant souvent comme « normales » voire « naturelles ») les normes informelles me semblent d'une puissance considérable, d'autant plus qu'elles ne se présentent pas comme telles.

Et puis avec la loi aussi, il y a moyen de contourner, louvoyer… Les puissants le savent bien.

Dernière modification par Marie-Lou (Le 12/04/2013, à 15:32)


Compte clôturé

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#20 Le 12/04/2013, à 16:25

side

Re : la norme et l’excentrique

Marie-Lou a écrit :

Je ne suis pas certain. Tant par leur nombre (incalculables) que par leur nature même (non explicitées, intégrées, paraissant souvent comme « normales » voire « naturelles ») les normes informelles me semblent d'une puissance considérable, d'autant plus qu'elles ne se présentent pas comme telles.

Et puis avec la loi aussi, il y a moyen de contourner, louvoyer… Les puissants le savent bien.

C'est pas faux ...

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#21 Le 12/04/2013, à 20:13

Ghost33

Re : la norme et l’excentrique

Marie-Lou a écrit :
Ghost33 a écrit :

La norme...
Pourquoi l'homme a-t-il besoin de définir des normes ?

Dans certains cas, c'est une question d'utilité, par exemple en électricité il est important qu'il y ai des normes, pour que tout soit compatible et sans risque.

Par contre lorsqu'il s'agit de l'appliquer à l'être humain, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il s'agit d'une marque de racisme/austracisme/homophobie/peur de l'autre.
Après tout, qu'est-ce que ça peut bien faire si on est différent, tant qu'on est heureux ?
Pourquoi devrait-on définir une norme, si ce n'est pour définir que ceux et celles qui sont différents de la majorité sont des "anormaux" ?
Je trouve donc que derrière l'idée de norme attribuée à l'humain, il y a un jugement porté sur l'autre que je considère totalement déplacé car chacun d'entre nous a le droit d'être ou de vivre comme il/elle en a envie ou comme il/elle est né(e). Évidemment, tant que cela ne porte pas atteinte à autrui.

À mon sens tu as une vision trop restrictive et péjorative, de ce qu'est une norme. Sans norme, on ne pourrait pas acheter notre baguette à la boulangerie. Lorsque je m'y rends, c'est à une heure où la boulangerie est la plus susceptible d'être ouverte ; je sais que je pourrai y payer avec mes pièces en euro ; je sais que je devrai m'adresser au vendeur/à la vendeuse en français ; que si je dis « bonjour », j'ai plus de chance d'être bien reçu que si je ne dis rien ; que je dois attendre, dans la file, dans l'ordre d'arrivée ; que je dois me tenir à une certaine distance du client qui me précède (il risquerait de se sentir agressé si je le collais) ; que je dois attendre un signe (oral ou physique) du vendeur avec d'expliciter ma commande, etc. etc. Sans norme, impossible de coordonner nos actions… Et je reste là à un niveau très microsocial, qui n'est pas le seul possible.

Oui enfin si tu relis ce que j'ai marqué, je deviens pessimiste quand il s'agit d'appliquer la norme à l'humain.
Ce que je veux dire, c'est que quand on veut normaliser l'humain, on en vient à dire que ce qui n'est pas dans la norme est anormal, et cela sous-entend qu'il faut s'y opposer.
Il y a plein d'exemples, par exemple les gauchers, les roux, les homosexuels...


Légalise le lait fraise !

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#22 Le 12/04/2013, à 20:28

yrieix

Re : la norme et l’excentrique

Est-ce que l'intolérance a nécessairement besoin de la norme pour exister ?
D'ailleurs pourquoi voulez-vous coller des normes partout yikes (question pour les normaliseurs en force ^^) ?

Si j'aime pas les petits pois vous allez me coller la norme ?

Dernière modification par yrieix (Le 12/04/2013, à 20:34)

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#23 Le 12/04/2013, à 21:07

Sopo les Râ

Re : la norme et l’excentrique

Ben les gauchers et les roux, faut quand même bien admettre que ce sont des créatures sataniques.

Dernière modification par Sopo les Râ (Le 12/04/2013, à 21:53)


La sieste, c'est maintenant.
   * * *
« J'ai l'intention de vivre éternellement. Pour l'instant, tout se passe comme prévu. »

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#24 Le 12/04/2013, à 21:22

compte supprimé

Re : la norme et l’excentrique

Yrieix a écrit :

Est-ce que l'intolérance a nécessairement besoin de la norme pour exister ?

  Pour un individu l'intolérance n'a pas besoin de normes générales , son référentiel personnel lui suffit.

#25 Le 13/04/2013, à 10:26

side

Re : la norme et l’excentrique

yrieix a écrit :

D'ailleurs pourquoi voulez-vous coller des normes partout

L'existence des normes est indépendant de la volonté des hommes. Elles émergent de la vie en société, dès qu'il y a des hommes, il y a des normes.

Accessoirement, les normes c'est très utile quand même. Essaye donc de rouler à gauche sur une route nationale, tu verras qu'imposer une norme à tous peut s’avérer utile.

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