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#301 Le 11/12/2016, à 09:15

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

« L'empire du moindre mal » (Essai sur la civilisation libérale ) de Jean-Claude Michéa.
J'ai failli arrêter dès les premières pages : trop de parenthèses, de notes, de références d'auteurs et de livres, ça avance en crabe, aucun vrai flux de pensée, un vrai livre de prof quoi... hmm

Et puis je suis revenu dessus en décidant de prendre mon temps. Si l'on arrive à passer outre tous les soucis cités, c'est en fait très intéressant (et je n'en suis qu'au début !)

L'auteur choisit de démontrer (et de démonter ceci) : non, il n'y aurait pas d'un côté un « bon » libéralisme philosophique, politique et culturel né au moment des Lumières et de l'autre un « méchant » libéralisme économique qui se serait développé un peu plus tard, en aval de cette époque.

L'auteur affirme que les deux sont intrinsèquement liés et ce, dès l'époque des Lumières même.

Et de rappeler l'idéal « d'un doux commerce », pièce maîtresse de la philosophie des Lumières qui s'inscrivait lui-même dans le projet de pacification systématique de la société qui est la source véritable des institutions modernes.

« Si le libéralisme politique finit toujours par retrouver dans le libéralisme économique son centre de gravité naturel c'est donc bien d'abord parce que ce dernier, dans son projet comme dans ses principes, constituait déjà, depuis le commencement, la réponse politique parallèle au problème moderne. »

Avec donc, dès le début, l'idée de lier la paix à la liberté du commerce et des échanges.

Et de citer le Traité d'un certain Emery de Lacroix paru en 1623 (le Nouveau Cynée) et qui se proposait d'accorder par le libre commerce « le Turc et le Persan, le Français et l'Espagnol, le Chinois et le Tartare, le Chrétien et le Juif ou le Mahométan. »

Ce à quoi l'auteur oppose toutefois que le travail, l'industrie, le commerce et les échanges, et la loi du « marché » ne sont, au fond, qu'une continuation de la guerre par d'autres moyens !

Non satisfait de ses seules notes de lectures apparaissant au bas des pages, l'auteur rajoute à la suite de chacun de ses chapitres quelques pages consacrées à d'autres notes en tant que telles.

En voici une qui vaut le détour :

« On sait qu'en Allemagne, où grâce à la gauche, la prostitution est déjà devenue un métier comme les autres, certaines ouvrières licenciées par le Capital se sont vu logiquement proposer par l'ANPE locale, au titre de leur reconversion, l'emploi d'hôtesses de charme dans les nouveaux Eros Center. »

(Info à vérifier, tout de même...)

Ce à quoi l'auteur ajoute, à sa façon, ceci :

« Si, comme le veulent les borillistes et les iacubiens, la prostitution est bien un métier comme un autre, et si l'une des fonctions de l'Ecole est toujours de préparer la jeunesse à ses futurs métiers, il est en effet, logiquement inévitable que l'Education nationale prenne en charge, dès le collège, la formation des élèves désireux de s'orienter vers ce métier d'avenir (création de diplômes, filières et options appropriés ; définition des programmes ainsi que de la nature, théorique et pratique, des épreuves d'examens destinés à valider les compétences acquises ; constitution, enfin, des corps d'enseignants et d'inspection, indispensables pour donner vie à ce projet éminemment moderne.) On attend avec impatience la préface de Jack Lang et les éditoriaux enthousiastes du journal Libération. »

Euh... les borillistes et les icacubiens : moi pas connaître = langue au chat tongue

Dernière modification par jackpot (Le 11/12/2016, à 10:01)


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#302 Le 29/12/2016, à 18:19

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

« L'empire du moindre mal » (Essai sur la civilisation libérale ) de Jean-Claude Michéa. toujours et encore :  je le termine en ce moment, c'est vraiment un ouvrage à lire et méditer même s'il faut lui consacrer beaucoup de temps et qu'on peut être parfois rebuté. Mais il vaut le coup...


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#303 Le 29/12/2016, à 21:25

moko138

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

jackpot a écrit :

« L'empire du moindre mal » (Essai sur la civilisation libérale ) de Jean-Claude Michéa.

(...)
Euh... les borillistes et les icacubiens : moi pas connaître = langue au chat tongue

Cf. https://www.google.fr/search?q=Iacub+bo … fvUOrejOAH.


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Un utilitaire méconnu : ncdu

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#304 Le 30/12/2016, à 07:22

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

moko138 a écrit :
jackpot a écrit :

« L'empire du moindre mal » (Essai sur la civilisation libérale ) de Jean-Claude Michéa.

(...)
Euh... les borillistes et les icacubiens : moi pas connaître = langue au chat tongue

Cf. https://www.google.fr/search?q=Iacub+bo … fvUOrejOAH.

Oui c'est une bonne piste...


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#305 Le 31/12/2016, à 08:55

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Il y a les bouquins qu'on lit mais aussi ceux que l'on (re)lit. Ces deux-la m'ont beaucoup marqué, j'ai  même une réelle affection pour eux au point qu'ils gardent une place de choix dans ma petite bibliothèque. C'était juste avant un voyage en Birmanie en 2012 et j'avais voulu en quelque sorte m'imprégner littérairement avant ce voyage : «  Une histoire birmane » de George Orwell qui retrace en fiction les quelques années du jeune Orwell dans ce pays qui faisait alors partie de l'Empire britannique. Et « A mots couverts » d'Emma Larkin, une amoureuse de ce pays, qui repart dans les années 2000 sur les traces du jeune Orwell, dialoguant parfois clandestinement- le pays vivant toujours alors sous la coupe d'une terrible dictature-  avec de vieux intellectuels birmans qui connaissaient son œuvre, retrouvant les lieux où Orwell avait vécu et faisant très attention à ne pas trop se faire remarquer par les autorités birmanes très méfiantes à l'égard des étrangers de passage (c'était avant la soi-disante ouverture  du pays à la « démocratie » et aux devises intéressantes du tourisme, car les militaires sont toujours là en background, ils se sont tout simplement déguisés en civil)

Je pense aussi à relire un bouquin qui m'avait littéralement bouleversé à l'époque, mais peut-être avec l'appréhension de ne plus ressentir les mêmes émotions que la première fois parce que je l'ai lu il y a une bonne trentaine d'années déjà mé bon, c'est : « Le loup des steppes » d'Hermann Hesse. Je me souviendrai toujours du passage où le personnage principal (qui traîne une lourde mélancolie métaphysique durant toute une première partie du livre)  finit un moment par trouver un lieu où il se met à  danser. Et il danse, il danse, il danse et il revit en dansant ! Je me souviendrai toujours de ce passage éblouissant !

Dernière modification par jackpot (Le 31/12/2016, à 08:55)


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#306 Le 01/01/2017, à 07:25

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Bonne année 2017 à tous les amoureux du plaisir de lire ! Bonnes nouvelles lectures, bonnes nouvelles découvertes d'auteurs ! smile


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#307 Le 20/01/2017, à 08:49

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

« Les mystères de la gauche » (Essai de Jean-Claude Michéa).  Résumé (très incomplet mais, j'espère, assez fidèle) de quelques idées-force.

- Historiquement, selon l'auteur la gauche moderne a déserté depuis très longtemps le camp anti-libéral et anti-capitaliste qu'elle est supposée combattre. Très exactement depuis l'affaire Dreyfus avec l'intégration du mouvement ouvrier dans la gauche bourgeoise et républicaine d'Emile Combes, de Joseph Caillaux ou de Georges Clémenceau.

- Les Lumières et la Révolution de 1789 ont rejeté in extenso l'Ancien Régime qui formait une société beaucoup plus complexe qu'on ne peut l'imaginer. Et JC Michéa de rappeler que, sous ses structures monarchiques centralisées et sanctifiées par l’Église, le système féodal contribuait à maintenir des pans entiers de vie communautaire et d'autonomie locale qu'un principe d'égalité continuait d'irriguer en profondeur. En rappelant cet exemple : le droit de vaine pâture et de parcours qui permettait depuis des siècles aux paysans les plus pauvres de nourrir leur bétail sur les terres communes et privées du village, une fois terminée la saison des récoltes. Mais c'est sous la pression des premiers  économistes libéraux qu'allait progressivement apparaître l'idée de clôturer ses propriétés personnelles et d'en interdire l'accès aux paysans les plus démunis, constituait l'une des exigences les plus essentielles d'une société libre.

- La gauche moderne, (et notamment sa partie la plus à gauche) en tant qu'héritière de l'esprit des Lumières est totalement porteuse d'un pan ravageur de l'idéologie libérale : le libéralisme culturel qu'elle incarne suppose l'abolition par l’État de toutes les limites des droits de l'individu et des minorités en alliance complète avec le libéralisme économique qui correspond au droit pour chacun de « produire, de vendre et d'acheter tout ce qui est susceptible d'être produit, vendu et acheté. Le relativisme moral constitue la clé de voûte idéologique du libéralisme culturel et il porte sans cesse le marché capitaliste à envahir toutes les sphères de l'existence humaine, y compris les plus intimes (là, c'est juste une remarque perso, je ne sais pas si elle est appropriée,  mais je pense à la revente des cadeaux de Noẽl qui ne « plaisent pas » sur les sites internet marchands. )
Tout un pan de la société actuelle ne se sent plus en adéquation avec ce développement sans frein du libéralisme culturel et, pour des raisons diverses et variées passe à droite, voire à l'extrême-droite ou bien encore se réfugie encore dans l'abstention.

- Le libéralisme définit  la liberté comme propriété privée inhérente à l'individu isolé : mais il oublie que l'homme est non seulement animal politique mais aussi un animal qui ne peut s'isoler qu'en société. (JC Michéa n'oublie pas les « amis » Facebook et cie mais il estime que s'y nouent des relations complètement pré-fabriquées et gérées par le système.)

- Paradoxalement, il peut arriver que a droite moderne se comporte comme une « ancienne gauche » que chaque nouveau pas en avant du libéralisme culturel de la gauche moderne -par exemple dans sa volonté d'éradiquer les dernières traces  du vieux patriotisme républicain et de la forme d'école qui en résultait- conduit logiquement à s'arc-bouter sur la défense de valeurs dites « traditionnelles », quitte d'ailleurs à se retrouver elle-même en contradiction avec les évolutions du capitalisme moderne !

Ce petit essai de 130 pages est très difficile à lire : le texte lui-même ne fait que 58 pages. Mais il faut compter avec :

- de très nombreuses notes de bas de pages renvoyant le plus souvent à des ouvrages et des auteurs à partir desquels Michéa développe son propos. C'est une mine d'or de références, Michéa est assurément un grand lecteur. Marx et Engels sont souvent cités de manière pertinente et non dévoyée.

- le texte principal renvoie à des scolies (l'auteur n'hésite pas à emprunter ce terme à Spinoza et j'imagine qu'il a dû lire ce philosophe) : scolies A, B, C, D etc. qui constituent des raisonnements et des démonstrations autonomes

- chaque scolie renvoie elle-même à des parties 1,2 ,3 etc qui elles aussi constituent à d'autres raisonnements et des démonstrations autonomes développés très longuement.

Scolies A, B, C etc et parties 1,2,3 etc rassemblent un plus grand nombre de pages que la partie principale ! C'est dire ! tongue

Pour toutes ces raisons, je n'ai pas cessé de pester contre ces développements à tiroirs qui hachent la lecture, qui font qu'on finit par être complètement perdu et qu'on perd le fil.  mad

En plus Michéa développe son propos en utilisant sans cesse des parties incises, des parenthèses avec  des dizaines de références pour étayer son propos. Epuisant ! Proprement épuisant !

Mais si l'on fait l'effort, cet essai est une vraie mine d'or de références avec des réflexions complexes et libres qui nous sortent des catalogages habituels (droite/gauche et réactionnaire/révolutionnaire) : ce qui fait beaucoup de bien.

Il vient de sortir un nouvel ouvrage : « Notre ennemi, le capital » dont on commence à parler ici ou là (longue interview dans le dernier numéro de Philosophie Magazine de février prochain qui vient déjà de sortir)

A l'aide de Google, il m'est arrivé de taper son nom une ou deux fois et de tomber sur de nombreuses critiques de sa pensée qui me sont aussitôt apparues  comme des catalogages, des classifications et des réductions de ses analyses  :  je les ai vite laissées tomber préférant en revenir à la complexité de son essai...

Dernière modification par jackpot (Le 20/01/2017, à 09:25)


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#308 Le 30/01/2017, à 09:47

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

« Comprendre l'islam politique , une trajectoire de recherche sur l'altérité islamiste , 1973-2016» (François Burgat)

Dans une première partie qu'il intitule doctement « L'accumulation intuitive » et alors qu'il n'est pas encore le chercheur adulte qu'il va devenir, l'auteur nous raconte sa découverte (en stop et sans argent) de nombreux pays musulmans- de l'Algérie au Yémen en passant par la Libye et la Syrie- pays et habitants pour lesquels il entre de suite en empathie réelle. Période de jeunesse qu'il qualifie de seulement « exotique »  mais déjà importante pour lui car fondatrice de ce qu'il appelle « la découverte de l'Autre » et du « parler musulman ».

  Avec de savoureuses anecdotes comme celle-ci :

« Pour l'heure, l'exotisme de cet été fondateur de 1966, c'est cette jeune fille qui vient déposer furtivement devant les autostoppeurs cuisant en silence au bord de la route, à une heure où aucune créature censée ne se hasarde sous le soleil, une assiette de fruits rafraîchis, sans leur laisser le temps ni les moyens de la remercier ».

Ensuite, dans une longue séquence qui constitue l'essentiel de son livre, Burgat relate ses expériences de chercheur universitaire adulte occupant des postes de responsabilités à plusieurs niveaux avec des mutations diverses dans de nombreux pays arabo-musulmans. Là sa démarche pour aller vers l'altérité arabo-musulmane devient plus savante et plus érudite. C'est le Yémen qui manifestement le marquera le plus profondément parce qu'il y trouve une identité musulmane non « polluée » par une intrusion coloniale trop marquée. Précision importante : Burgat parle et écrit l'arabe et donne de nombreuses conférences dans ces pays en arabe. C'est au cours de cette période (années 70/80/90)  que se met en place un essentiel de sa pensée : à savoir que l'islamisme politique et social est une réalité profonde dans ces pays et que tout a contribué à le faire taire ou à déformer. « Tout » c'est à dire les régimes corrompus de dictateurs locaux soutenus par l'Occident qui s'en font une représentation diabolique et qui les combattent sans chercher à les connaître ni à comprendre leurs motivations diverses.

Alors s'édifient des fractures de plus en plus profondes (comme en Algérie, la victoire confisquée du FIS en 1990 qui marque le début d'une guerre atroce guerre civile) qui poussent cet islamisme politique et social (en gros inspiré alors à celui  des Frères Musulmans) à plus de radicalité.

Ses analyses sont émaillées de nombreuses anecdotes personnelles où il ne cache pas ses longues, ses  anciennes et fidèles amitiés pour des intellectuels arabo-musulmans comme le très controversé Tariq Ramadan (duquel il se démarque quand même sur quelques points)

Dans une autre partie qu'il intitule « L'Autre « chez nous » ou l'islam en France », il aborde les sujets sensibles qui font désormais partie de notre quotidien. Là, il évoque les recherches parallèles de deux de ses confrères (Kepel et Roy) dont il se démarque clairement sur bon nombre de points.

D'abord sur le fait que ces deux pairs ont clairement sous-estimé les bases sociales profondes du retour de l'islam, dans les pays arabo-musulmans mais aussi en Europe. Ensuite sur le fait qu'ils ont pu penser que ce retour constituait le début d'une fin de cette résurgence de l'islam. Encore sur le fait qu'ils y ont vu surtout des causes religieuses véhiculées par des toutes sortes de prêcheurs mais pas des causes identitaires venues du plus profond des sociétés musulmanes. Enfin parce qu'ils occultent beaucoup trop les effets « post-coloniaux » et la pérenne domination « Nord-Sud » qui contribuent, selon Burgat, à nourrir un ressentiment profond des sociétés musulmanes dans de nombreux pays d' Afrique, du Moyen-Orient et d'Europe.

Sans oublier nos interventions militaires dans ces pays et le cortège des victimes innocentes qu'il cause.

Dans les toutes dernières pages de son ouvrage Burgat évoque bien sûr les attentats les plus récents en France en déniant le caractère seulement « pathologique » que certains voudraient  attribuer à leurs auteurs. Là encore, il en revient à des racines plus complexes de leur ressentiment .

Et il termine sur ce constat : désormais ce sera le partage ou la terreur. Partage des ressources économiques et financières, partage du pouvoir politique aussi, partage aussi des émotions à l'égard de TOUTES les victimes, partage également du droit de parole pour permettre à chacun de faire connaître sa vérité, son histoire, petite ou grande. Pas seulement ceux des mêmes (c'est à dire des nôtres) que l'on entend à longueur de journées dans nos médias mais également « le point de vue de l'Autre ». « Nous aurons les voisins musulmans que nous nous donnerons » termine Burgat.

Ou alors, si les choses continuent de se passer comme elles se passent : alors oui ce sera la terreur, une terreur dont nous serons à moitié responsables.

Mes remarques perso : bon ouvrage très intéressant bien entendu. J'ai cependant trouvé pénibles les références récurrentes aux postes de responsabilités occupés par Burgat (pas mal de suffisance à mon avis) et puis aussi une profonde déception : après avoir vécu tant d'années dans ces pays dont il parle la langue et dont il connaît les cultures, je trouve qu'il ne nous fait pas vraiment entrer dans la connaissance de terrain de cet islam de base (qu'il soit social ou politique). Je trouve que sa démarche est trop savante, trop universitaire, trop « intellectuelle » en somme. Je trouve aussi qu'il fait carrément l'impasse sur la réalité importée des islamismes radicaux récents (wahabisme, salafisme...) s'en référant plutôt à celui, plus ancien, des Frères Musulmans.

Par contre sur toutes les erreurs que nous commettons et sur l'étendue immense de nos propres responsabilités ( les dégâts que nous causons avec nos regards borgnes sur les choses, les discriminations qui ont lieu chaque jour, les humiliations que nous continuons de faire subir, les injonctions contradictoires que nous adressons aux musulmans de France etc etc ) alors là, oui, c'est un ouvrage à lire. Mais pas seulement : il y a des dizaines de constats d'autres natures qui méritent d'être pris en compte et soulignés. Avec des dizaines de références à d'autres ouvrages d'autres auteurs probablement intéressants à découvrir...

Dernière modification par jackpot (Le 30/01/2017, à 09:48)


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#309 Le 10/02/2017, à 20:47

BrunoGey

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Bonsoir,
Owwahhhooww.... p'tain les  posts #301, #307 et #308, y'a de la tartine ! 
Va falloir une vache de qté de confiture pour avaler lire tout ça..
Bon sinon, je commence juste DUNE 1, de Franck Herbert.
Je vais voir ce que ça donne.

cdt, bruno

Dernière modification par BrunoGey (Le 10/02/2017, à 20:49)


Le PC Samsung R720, Ubuntu 12.04.5  noyau 3.2.0-124-generic #167.
Session graphique Gnome Classique; Formatez vos posts avec les balises BBcode

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#310 Le 11/02/2017, à 08:32

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

BrunoGey a écrit :

Bonsoir,
Owwahhhooww.... p'tain les  posts #301, #307 et #308, y'a de la tartine ! 
Va falloir une vache de qté de confiture pour avaler lire tout ça..

Je t'ai remâché tout le boulot, tu devrais plutôt me remercier nom d'une pipe ! tongue lol

BrunoGey a écrit :

Bon sinon, je commence juste DUNE 1, de Franck Herbert.
Je vais voir ce que ça donne.

cdt, bruno

Bon voyage dans Dune ! wink


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#311 Le 12/02/2017, à 09:13

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Le guide du routard sur l'Argentine... Aïe aïe aïe, quel vaste pays, quelles distances énormes à parcourir ! Quelle inflation aussi ! Quel énorme budget à prévoir ! Mais quelles chouettes photos de danseurs et danseuses de tango à faire, j'imagine ! C'est le dernier disque de Benjamin Biolay réalisé à Buenos Aires (+ ce que B.B avait rapporté de son séjour dans la capitale) qui avait éveillé ma curiosité.

Probablement bien trop cher pour ma bourse mais tant pis : c'est déjà bon de se contenter d'en rêver un peu.

Dernière modification par jackpot (Le 12/02/2017, à 09:14)


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#312 Le 20/02/2017, à 14:21

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

« L’esprit du lieu » de Jean-Claude Guillebaud.

Petit livre facile à lire de notes éparses recueillies par l’auteur qui passe de Breidavik à Singapour, de Beyrouth à Tadjourah, de Hué à Melun, de Verdun à Louxor etc etc.

Le thème porteur de ces notes c’est : qu’est-ce qui reste au fond d’un voyage quand on a tout oublié ? Et bien il reste « l’esprit du lieu » nous dit Guillebaud, quelque chose d’indéfinissable, de peut-être assez fugace et superficiel mais qui peut être aussi très profond, parfois.

On ne le ressent pas sur le moment, il faut le laisser cheminer en nous, il faut lui laisser le temps...

« Seul le recul du temps, en effet, permet de décanter cette émotion indéfinissable qui nous a fugitivement saisi, un jour, sur les quais de Paramaribo, près d’une grève islandaise, aux pieds de Sainte-Sophie à Istanbul, devant les ruines de Beyrouth, les clochers de Prague ou les hauteurs de San Francisco. »

Edit : ce petit livre date du tout début des années 2000 mais concernant l’évolution de certains lieux il est prémonitoire comme les toutes dernières lignes des quelques pages  consacrées à Istanbul : Guillbaud sent déjà la Turquie se détourner de l’héritage occidental kémaliste et se tourner vers l’Est et  les minarets de l’islam qui annonceront les choix d’un Erdogan des années 2010.


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#313 Le 21/02/2017, à 09:35

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

« Fukushima, récit d’un désastre » de Michaël Ferrier.

L’auteur vit à Tokyo où il enseigne la littérature. Il y est présent au moment du séisme du 11 mars 2011. Avec une grande minutie, dans un style relevant à la fois du bloc-notes allié à de nombreuses références littéraires, il retrace ces moments tragiques ainsi que le tsunami qui s’en est suivi.

Quelques semaines plus tard il se rend dans la région de Fukushima et décrit son séjour dans des pages poignantes. C’est une vraie « Saison en enfer » qu’il nous fait partager.

Tout y est.

Des descriptions purement matérielles du désastre aux dérisoires tentatives humaines des survivants pour réparer, nettoyer et mettre à l’abri des témoignages du passé (photos, bibelots etc).

L’auteur arrive aussi à faire témoigner anonymement un des ouvriers « sacrifiés » qui travaille à limiter les dégâts de la catastrophe nucléaire en montrant le degré d’impréparation et d’improvisation qui ont suivi la catastrophe, mais aussi l’incompétence totale -voire criminelle- de certains responsables  complètement dépassés par les conséquences du tsunami et se contentant de mettre des sparadraps en minimisant sans cesse la gravité exceptionnelle de la situation.

Michaël Ferrier a écrit :

La palme en la matière revient incontestablement au docteur Shunici Yamashita, professeur à l’université de Nagasaki et membre de l’Institut de recherche sur la bombe atomique. Un petit florilège de ses déclarations donne une franche envie de rire...ou de vomir. La plus savoureuse : « la  radioactivité n’affecte pas les gens souriants mais seulement les gens soucieux. Ceci a été prouvé par des expérimentations animales." 

Bref : un ouvrage de qualité à lire, vraiment.

Je le relierais à un film, un vrai chef-d’oeuvre vu tout récemment : « Fukushima, mon amour » de Doris Dörrie, film que je conseille aussi sans réserve. Du top niveau.
http://www.allocine.fr/film/fichefilm-2 … ectateurs/


Pour terminer, France 2 a diffusé le 12/2 dernier un reportage intéressant sur le même sujet ; un reportage qui montre à quel point nos responsables politiques ont, eux aussi, cherché à minimiser les effets de la catastrophe nucléaire - because EDF et le lobby du nucléaire bien sûr … 

« Cellule de crise, de Paris à Fukushima »


http://replaytvstreaming.com/emission-m … atastrophe.


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#314 Le 22/03/2017, à 14:36

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

« Paul Mac Cartney » Conversations avec Paul Du Noyer.

L'auteur est originaire de Liverpool avec un petit écart générationnel par rapport à l'âge de Paul et donc la période Beatles. Il n'a donc pas « percuté » aux Beatles « en direct » au début des années 60, il a entendu ensuite leurs succès mais il ne les écoutait pas vraiment.

Ce n'est donc pas un fan aveugle même si, avec le recul et le temps, son admiration s'est étoffée en devenant manifeste.

Ces entretiens se sont déroulés sur  plusieurs années et n'ont rien à voir avec des interviews classiques.

Paul s'y livre en toute sincérité, pas seulement sur la période Beatles mais aussi sur la période "ante – Beatles" et encore sur celle, moins connue, qu'il a vécue avec Wings et d'autres groupes.

Paul parle de sa manière de composer, de ses sources d'inspirations musicales, évoque ses chansons préférées, ses rapports avec John, ses bons (et moins bons) souvenirs de concerts, bien sûr et des tas d'anecdotes savoureuses s'étalant sur plusieurs décennies et ne concernant pas que la période Beatles.

Il ressort de Macca un incurable optimisme candide qui n'a pas varié au fil du temps, une absolue confiance en lui et en son talent : il est à la fois fier et étonné de pouvoir toujours chanter « I'm Down » sur la même tonalité qu'il y a 40 ans, au temps des Beatles ! Il est quand même lucide sur ses bides, ses ratés et tous ses défauts qu'il évoque en toute lucidité et franchise (comme la manière assez dictatoriale dont il a pu se conduire parfois au sein des Beatles, ses rapports trop autoritaires et blessants avec Georges, entre autres, au cours de certains enregistrements etc etc...)

Cela dit, contrairement aux trois autres qui n'en étaient déjà pas vraiment fans à l'époque, lui adore toujours se produire sur scène à son âge avancé et continuer de faire des tournées simplement parce qu'il aime ça !

Il  ressort aussi de son caractère une hyper activité constante et un intérêt et une curiosité insatiables pour ce qui concerne tous les genres et styles musicaux et tout ce qui relève de l'art en général mais aussi des choses basiques de la vie courante (comme le bricolage...)

De nombreux titres de la période post-Beatles de Mac Cartney sont cités que je n'avais jamais écoutés parce que cette période ne m'intéressait plus et que je n'ai jamais trop aimé Paul « sans les trois autres ».

Mais le bouquin (sorti en 2015) est très intéressant (par contre très mal traduit, je trouve).


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