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#526 Le 28/11/2020, à 07:29

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

gazimel a écrit :

Bonsoir
Je viens de lire "Un été avec Machiavel" de Patrick Boucheron. Il s'agit de la transcription d'une chronique sur France Inter. Machiavel revisité à la façon de l'auteur de l’émission "Quand l'histoire fait date" actuellement sur ARTE.
Un Machiavel beaucoup moins machiavélique, plus lucide, soucieux de réalité. Ce n'est pas le seul personnage à s’être fait taillé un costard par des adversaires bienveillants.
A consommer sans modération. cool

Tout à fait. Je pense aussi qu'on a beaucoup caricaturé le personnage et son oeuvre. C'est un peu comme pour Epicure.

Dernière modification par jackpot (Le 28/11/2020, à 07:29)


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#527 Le 03/12/2020, à 10:12

CM63

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Bonjour,

J'ai fini "La malandre" de Henri Troyat. Un peu plat, décevant de la part de cet auteur, dont on attend plus. mais bien écrit.

Je lis "La baie des perles noires" de Konsalik, ça a l'air d'être un polar, mais bon, ceux que j'ai lu de Konsalik m'ont plu.
Également trouvé dans un passe-livre.


D'sous n'a mis, est-elle avare, frivole ou tellurique?

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#528 Le 05/12/2020, à 12:01

gazimel

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Je viens de lire La guerre sociale en France de Romaric Godin. C’est l’histoire du néolibéralisme.
L’auteur commence par distinguer les caractéristiques du néolibéralisme et ce qui le distingue des autres libéralismes. En particulier la main mise sur l’état, mis au service du capital, contre le travail.

Puis il nous montre l’élaboration de la doctrine.
p 84
« L’ordre néolibéral ne s’adresse pas directement au travailleur, puisque, intégré dans le processus de formation de l’offre, il n’est qu’un rouage. L’individu néolibéral par essence est le consommateur, à qui on promet, par la libre concurrence et le jeu du marché, le meilleur prix. C’est bien là le sens de la phrase d’Emmanuel Macron citée : permettre au consommateur d’être créateur de valeur. Ce consommateur est séparé du producteur, fût-il en réalité le même individu. Dans la promesse de prix bas (ou plutôt le plus bas possible) que l’on adresse à ce consommateur, on évite soigneusement de préciser les conséquences contenues dans cette « bonne affaire » : la pression sur les coûts de production, donc sur les salaires, l’emploi et le financement de la Sécurité sociale. C’est que tout doit s’équilibrer au final : le consommateur chômeur ou travailleur pauvre trouvera le produit au prix juste pour lui, parce que sa précarité permet de déterminer ces prix. Partout l’offre s’adapte aux désirs – subis ou conscients – du consommateur, parce qu’elle est partout parfaitement valorisée. Dans un monde où le marché est parfait, les intérêts du consommateur sont ceux du producteur. Ce dernier veut séduire le consommateur, par les prix et l’innovation, ce qui satisfait le consommateur. C’est ici l’autre facette « sociale » du néolibéralisme : promettre l’abondance pour tous à bon marché grâce à la concurrence.
Pour que cet équilibre soit possible, il est indispensable que les individus cessent de réfléchir en tant que travailleurs ayant des intérêts communs avec leurs collègues face au patronat. Le rôle du travailleur est de valoriser au mieux son entreprise pour qu’elle soit plus performante. Il doit donc s’identifier à l’intérêt du capital et coller en permanence aux besoins de la production. Toute lutte du travail contre le capital est inutile et néfaste : elle crée des déséquilibres dont souffre le plus grand nombre. Il ne faut pas lutter, il faut « s’adapter ». C’est ici que le mythe de la « mobilité », qui revient sans cesse dans le discours « progressiste », prend son importance : la mobilité, c’est la capacité à « choisir » son travail… en fonction du marché. Vous perdez votre emploi ? Vous êtes victime d’une délocalisation ? Rien finalement de plus grave que si votre barre chocolatée préférée n’est plus en rayon : c’est simplement que votre désir n’est pas en phase avec l’équilibre de marché. Mais d’autres produits et d’autres emplois s’offrent à vous ! Il suffit de « s’adapter » au marché grâce à la « formation ». Le mieux étant même de passer soi-même du côté du capital en devenant (auto)entrepreneur et en créant son entreprise.
 »

On le voit, la mobilité/précarité est le moteur du système.
Bienvenue au pays enchanté du progressisme néolibéral.

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#529 Le 08/12/2020, à 09:00

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

« Rouge vif/ L’idéal communiste chinois » (Alice Ekman)

Ce que j’ai appris à la lecture de ce bouquin pas facile à lire mais intéressant car l’auteur a manifestement travaillé son sujet et « inflitré » IRL le sujet à connaître durant de longues années :

- Même si le système économico-politique de la Chine demeure hybride et assez inclassable, les fondements idéologiques de la Chine demeurent plus que jamais marxistes-léninistes. L’auteur nous en donne des dizaines d’exemples tirés de nombreux discours du dirigeant actuel Xi Jinping mais tirés aussi dans les pratiques actuelles du régime (exemple : le recours systématique à l’auto-critique pour les cadres du Parti). Par ailleurs, le PCC dit avoir clairement étudié les raisons de la faillite du système communiste soviétique pour ne pas tomber dans les mêmes travers et commettre les mêmes erreurs.

- La foi marxiste est incompatible avec la pratique d’une religion. Oui mais : paradoxalement, elle doit quand même s’incarner dans la foi aveugle en un leader (Xi Jinping) dont les discours et les pensées doivent imprégner les cadres du Parti. Ces discours, ces écrits, ces pensées deviennent des modèles que les cadres du Parti doivent connaître et appliquer à la lettre. Cela se voit moins depuis l’Occident mais il semblerait qu’avec Xi Jinping on ne soit plus très loin du fameux modèle « Mao ».

- Le rôle du PCC s’est clairement renforcé dans l’économie. Même si il est possible d’entreprendre en Chine, chaque entreprise doit entretenir un lien fort avec le Parti et l’État. Par ailleurs les entreprises d’état considérées comme stratégiques (défense, électricité, pétrole et gaz, communications, aéronautique, rail etc ) représentent 90 % des revenus. Quant aux entreprises étrangères, elles ont intérêt à établir des bureaux à Pékin si elles veulent avoir accès aux informations officielles émanant du Parti, informations indispensables pour pouvoir poursuivre leurs activités

- Le projet final de la Chine n’est pas capitaliste. Le capitalisme actuel auquel elle recourt n’est qu’un moyen pour atteindre un communisme à la chinoise. Le Parti a clairement établi que le capitalisme ne serait  pas viable sur le long terme. Donc, de la même manière que certains dirigeants politiques utilisent les droits de l’homme et la démocratie comme un autobus duquel ils descendent quand ils sont arrivés où ils voulaient en arriver pour passer ensuite à un but final moins avouable (comme Erdogan en Turquie, comme Khomeini qui avait bénéficié du droit d’asile en France) et bien la Chine entend elle aussi utiliser le capitalisme pour atteindre et incarner au bout du bout un idéal communiste d’obédience marxiste-léniniste « à la chinoise » et le répandre sur le monde.

- Les temps où la Chine manquait de confiance en elle-même sont clairement révolus. Le Parti et ses dirigeants sont désormais conscients et assurés de la supériorité de leur modèle sur l’Occident qu’ils estiment en déclin complet. L’horizon 2050 est fixé pour atteindre complètement ce but et confirmer la position définitive de la Chine en tant que leader mondial. Pas seulement sur le plan économique mais aussi en terme de modèle à suivre en terme de contrôle des sociétés :  il n’est que voir tous les moyens numériques de contrôles sophistiqués des sociétés que la Chine exporte dans le monde entier (détection et enregistrement des visages dans les grands centres urbains mondiaux etc etc)

- D’énormes moyens politiques, diplomatiques, économiques et sociaux sont déployés pour étendre l’influence de la Chine, d’abord dans les pays en développement mais aussi dans les pays déjà développés. Cela va de la formation de nouveaux diplomates africains à l’installation de nouvelles infrastructures (routes, rails, ponts, hôpitaux etc ) dans le cadre des fameuses « Routes de la Soie » : ainsi, la Chine élargit le cercle des « pays amis » qui voteront pour elle dans les grandes instances internationales (comme l’ONU) où elle entend jouer un rôle majeur en inversant les valeurs traditionnelles défendues par les « vieux alliés » occidentaux (Droit de l’Homme etc..) Cela ne signifiant pas que la Chine ne défende pas ces valeurs elle-même mais qu’elle entend les défendre « à sa façon », selon ses propres informations, ses propres sources et sa "façon propre" de voir et d'interpréter les choses (la Chine considérant que tout ce qui provient d’Occident ne consistant qu’en une propagande contre elle)

- Chose très importante pour terminer : ce sont des partenariats (beaucoup plus flexibles) et non des systèmes d’alliances multilatérales (beaucoup plus contraignants et qui volent d’ailleurs en éclat en ce moment comme l’Otan ou le Brexit) que la Chine entend développer avec ses « pays amis ».

Pays amis auxquels elle ne manque pas de rappeler que – contrairement à ceux qui les ont colonisés et humiliés – elle, n’a strictement rien à se reprocher à leur égard en prétendant ne leur proposer que des partenariats « gagnants/gagnants »

Voilà, voilà.

En refermant ce bouquin, il me paraît clair qu’un nouveau monde est en train de naître, que l’on n’y pourra plus grand-chose et que la Chine dominera le monde sur tous les plans d’ici une trentaine d’années.

Oui mais (et là c’est moi qui parle) :  en finissant par devenir elle-même ce qu’elle aura reproché à tant d’autres  pour y parvenir : un nouveau colonisateur mondial totalitaire.

Je ne serai probablement plus de ce monde alors et ce sera tant mieux.

Par contre, pour nos enfants et nos petits-enfants, ce ne sera plus un monde « en rose » qu’ils vivront alors mais plutôt un monde « rouge vif » comme dit si bien le titre de l’ouvrage… hmm

Dernière modification par jackpot (Le 08/12/2020, à 09:04)


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#530 Le 09/12/2020, à 08:02

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Steve Jobs

Résumé
Cet ouvrage résulte d'un travail de plus de deux ans, basé sur les interviews des proches, des rivaux, des collègues, mais aussi sur les entretiens avec le cofondateur de la firme Apple, Steve Jobs. Celui-ci, atteint d'un cancer, se livre sur sa carrière que certains qualifient d'exemplaire, ainsi que sur son passé.

Quatrième de couverture
À partir d'une quarantaine d'interviews exclusives et de multiples rencontres avec sa famille, ses proches, ses collaborateurs, ses amis comme ses adversaires, Walter Isaacson a reconstitué d'une façon magistrale et passionnée la vie, l'oeuvre et la pensée d'un des plus grands innovateurs et visionnaires de notre époque.

Mon avis : C’est une véritable odyssée qui nous est rapportée dans cet ouvrage de plus de 600 pages dans un style à la fois simple, dense et très efficace avec une multitude de détails donnant l’impression que chaque fait, chaque parole, chaque attitude, chaque prise de décision se déroulerait en direct sous nos yeux. Odyssée du fondateur d’Apple, d’abord jeune hippie végétarien passionné d’informatique bricolant dans le garage de ses parents avec son compère Stephen Wozniak, devenant ensuite progressivement le P-DG d’une des plus grandes entreprises numériques de la Silicon Valley avec des fortunes très diverses (puisque son caractère impossible l’amène à être licencié un certain temps de sa propre entreprise par son associé John Sculley et le Conseil d’Administration d’Apple. Mais il rebondira en empruntant un autre parcours – entreprises Next et Pixar – avant de revenir finalement chez Apple!)...

Tout m’a passionné dans cette biographie, à savoir notamment :

- ce qui concerne le domaine de l’informatique avec les choix propres du fondateur d’Apple : mettre au point un produit fermé qui associait le matériel et le système d’exploitation devant permettre à l’utilisateur un usage fluide et intuitif. Choix s’opposant à 100 % à celui de Microsoft qui proposait, lui, un système d’exploitation « Windows » ouvert dissociant le système d’exploitation pouvant être incorporé dans n’importe quel type de matériel (Dell, Hewlett-Picard, Asus etc.) C’est d’ailleurs ce deuxième choix qui a prévalu puisque 90 % des utilisateurs de PC ont adopté Windows.

- le côté visionnaire de Steve Jobs ayant compris qu’un produit séduit l’usager par ses performances et la simplicité de son utilisation certes, mais aussi par son apparence : nous sommes en plein de ce que Marx qualifiait, je crois, de « fétichisation du produit ». La philosophie de Steve Jobs consistait en fait à associer la technologie de pointe à l’art. Et il souhaitait tout contrôler : de la conception du produit, en passant par le choix de ses composants, leur ajustement jusqu’au packaging qui doit créer la surprise et l’émerveillement. Utilisateur d’Apple, je peux en témoigner quand j’ai reçu mon Mac Mini, c’était un pur bonheur de d’ouvrir le colis et de découvrir un joyau reposant dans un écrin de raffinement et d’élégance !

- la description du caractère entier, quasiment totalitaire et odieux (mais fascinant aussi, quelque part) de Steve Jobs, manquant totalement d’empathie à l’égard de ses collaborateurs, cadres ingénieurs, designers, capables de passer à « ce que tu m’amènes là est nul ! » à, un ou deux jours plus tard,  « oui c’est génial  et c’est mon idée. » ! L’auteur ne manque pas de le questionner par rapport à cela et Jobs répond qu’il ne cherchait pas à humilier expressément ses pairs mais que cela s’expliquait par son tempérament passionné : il cherchait ainsi à motiver ses troupes et à les amener à dépasser sans cesse leurs limites. Et il faut croire, au bout du bout, que « ça marchait », même si ce genre de politique et de comportement aura pu « laisser sur le carreau » des centaines d’ingénieurs, de designers et de commerciaux.  Le fondateur d’Apple n’a pas hésité non plus à  licencier des milliers de salariés à chaque fois que son entreprise traversait une mauvaise passe.

J’ai terminé cet ouvrage avec la tristesse que l’on peut éprouver en arrivant au terme d’un bon livre lu avec plaisir et intérêt sur plusieurs semaines. Un bon livre qui s’achève aussi par le déclin physique (mais jamais moral) du personnage, atteint d’un cancer du pancréas qui l’emportera.

Sachant que la maladie gagnerait à la fin, Steve Jobs était quand même fier de partir en laissant derrière lui une entreprise qui lui survivrait. Et c’est un fait : Apple vit toujours et sort toujours de nouveaux produits de haute technologie (efficaces, élégants et … chers, très chers!).

Apple est à présent dirigé par celui à qui Steve Jobs avait confié les rênes avant de nous quitter : Tim Cook.

---------

Disons que c'est mon intérêt pour tout ce qui touche à l'histoire du monde informatique qui a fait que j'ai pu lire cet ouvrage de plus de 600 pages sans jamais zapper. Mais pas que : il y a de belles choses humaines qui sont narrées aussi, comme les relations amoureuses de Steve Jobs avec les deux femmes qu'il a aimées (dont une qu'il a épousée et une autre qu'il n'a jamais oubliée et qui l'a profondément marqué, une belle, une très très belle personne dont il a gardé un courriel magnifique qu'il laisse publier, un courriel qui m'a bouleversé : je ne résiste pas à la tentation de poster ce passage ici)

Le courriel de Tina Redse adressé à Steve Jobs 25 ans plus tard.

Lorsque Jobs avait été chassé d’Apple en 1985, Tina Redse voyagea avec lui en Europe, le temps qu’il panse ses plaies. Sur un pont enjambant la Seine, un soir, ils caressèrent l’idée de rester en France, de s’y installer peut-être définitivement. Tina était sérieuse, mais pas Jobs. L’ambition le consumait encore. « Ce sont mes actes qui font ce que je suis », déclara-t-il à la jeune femme. Elle évoqua ce moment à Paris dans un e-mail poignant qu’elle lui envoya vingt-cinq ans plus tard. Ils avaient repris chacun le fil de leur vie mais ils avaient gardé leur lien spirituel.

Nous étions sur ce pont à Paris, durant l’été 1985.Le temps était nuageux. On était accoudés au parapet, fait de cette pierre si douce au toucher, et nous regardions l’eau verte couler sous nos pieds. Ton monde s’était fracturé et arrêté de tourner, en attendant qu’avec un nouveau projet tu remettes tout en branle. Je ne voulais pas revivre ça. J’ai tenté de te convaincre de commencer une nouvelle vie ici, à Paris, avec moi, de nous construire un nid, un havre qui nous aurait rassemblés et nous aurait laissé une chance d’être traversés par d’autres ondes. Je voulais nous extirper du chaos noir de ton monde brisé, nous faire émerger à la lumière, anonymes et purs, et vivre une vie pleine et entière où j’aurais cuisiné pour toi, où nous aurions été ensemble tout le temps, comme deux enfants  jouant pour le simple plaisir du jeu, dans l’innocence, sans calcul. J’aurais aimé que tu réfléchisses à cette option avant de rire et de me répliquer : « Qu’est-ce que je ferais ? Je suis devenu intouchable ! » Voilà quel était mon souhait le plus ardent, à cet instant où le cours de nos vies hésitait, durant ce moment de flottement miraculeux, avant que le temps nous reprenne dans son flot – vivre ensemble cette vie simple jusqu’à nos vieux jours, avec une ribambelle de petits-enfants autour de nous, dans une bastide au sud de la France, une existence paisible, douce et bonne comme du bon pain, baignée du parfum de la patience et de la complicité.
  (Pages 309/310)

Dernière modification par jackpot (Le 09/12/2020, à 08:29)


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#531 Le 10/12/2020, à 19:07

Pascaltech

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

CM63 a écrit :

Bonjour,

J'ai fini "La malandre" de Henri Troyat. Un peu plat, décevant de la part de cet auteur, dont on attend plus. mais bien écrit.

Je lis "La baie des perles noires" de Konsalik, ça a l'air d'être un polar, mais bon, ceux que j'ai lu de Konsalik m'ont plu.
Également trouvé dans un passe-livre.

Bonsoir,

Oui Konsalik, si je me souviens bien, c'est assez froid, très réaliste. Dans les SAS, il y a toujours du sexe, ça détend !


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#532 Le 11/12/2020, à 04:55

gazimel

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

les fondements idéologiques de la Chine demeurent plus que jamais marxistes-léninistes.

Je suis plus réservé à ce sujet. J'y vois plutôt une forte conscience de la nation chinoise.
Laquelle s'appuie sur un ppcd, ou brique de base: la hantise du retour des royaumes combattants. Le désordre, c'est le pluriel de l'ordre. Lorsque le serf crie : le roi est mort, vive le (nouveau) roi, il dit surtout sa peur de voir une guerre de succession ravager le pays, brûler les récoltes, massacrer les populations. Paysans de tous les pays...
Et puis il y a les hordes nomades toujours à l’affût d'une défaillance. Partout et toujours, l'union fait la force.

La foi marxiste est incompatible avec la pratique d’une religion.

La foi du militant est toujours exclusive. On a eu de grands moments d’affrontement entre USA et URSS, chacun dénonçant avec courage et  vigueur les atrocités commises par l'autre et se taisant pudiquement sur ses propres "menues erreurs".
On retrouve la mécanique religieuse monothéiste. La conviction des "fidèles militants" excluant les autres, et pas seulement pour les "communistes", les néolibéraux sont pas mal dans leur genre.
En interdisant la pluralité, le parti communiste est parfait pour un dictateur. Parfaitement organisé, il est disponible, pourquoi s'en priver. Est il marxiste, dans la lutte contre les inégalités ? Les "messieurs gros sous" semblent l'infirmer. L’état chinois gardera probablement le contrôle des investissements, ça n'en fera pas un pays marxiste pour autant, mais sûrement un pays conscient de ses intérêts nationaux. Ce n'est malheureusement pas le cas de notre pays ouvert aux 4 vents de la finance internationale.

Si je le trouve, je lirai le bouquin de Alice Ekman. Il y a toujours des choses à apprendre chez les auteurs dont on n'approuve pas toutes les idées. C'est le cas avec Domenach, béat d'admiration devant le néolibéralisme, mais très bien documenté sur la Chine. smile

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#533 Le 11/12/2020, à 06:32

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Bonjour,

Alice Ekman ne présente pas "ses idées", son livre n'est pas un livre militant "pour ou contre" le régime politique, économique et culturel chinois.

Elle établit simplement des constats sérieusement fondés et documentés. Les notes de bas de page avec sources fourmillent ! Ce qui ne rend pas la lecture aisée, d'ailleurs... Mais on ne peut pas lui retirer le sérieux et la recherche d'objectivité de sa démarche.

Ceci dit, j'ai trouvé son ouvrage critiquable sur certains points :

- elle compose une introduction beaucoup trop longue et "à tiroirs" à la fin de laquelle elle nous dit -maladroitement à mon avis - que si l'on est pressé on peut considérer qu'elle y aura développé l'essentiel et qu'il n'est alors plus nécessaire qu'on lise la suite !

- j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de répétitions dans son livre ce qui donnait parfois  l'impression de tourner en rond et qu'on n'avançait pas.

- un point m'intéressait quand elle affirmait que le PCC n'entendait surtout pas commettre les mêmes erreurs que le PC soviétique : j'aurais aimé savoir de quelles erreurs elle voulait parler. Je vais peut-être lui demander par mail parce qu'elle donne une adresse mail où on peut la contacter et faire des remarques ou poser des questions.

Donc, à mon avis, un bouquin critiquable sur la forme - en tout cas sur sur certains points -ce qui le rend pas très agréable à lire non plus, mais qui demeure essentiel sur le fond.

Dernière modification par jackpot (Le 11/12/2020, à 06:52)


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#534 Le 11/12/2020, à 12:16

gazimel

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Pas question pour moi de mettre en doute le sérieux de l'auteur.
Pour la longueur de l'introduction, peut-être connaît elle trop bien le comportement des lecteurs toujours à la recherche d"une synthèse plus reposante et laissant le reste aux spécialistes.
Il m’arrive de commencer un livre par la conclusion, poursuivre par l'introduction puis les chapitres les plus à même de répondre à ma curiosité.
Pour les répétitions, cela affecte surtout les auteurs Anglo-saxons, mais a contaminé certains Français. Il faut s'en accommoder.
Pour les autocritiques, cela permet de sélectionner les problèmes pour lesquels on a une solution, les autres critiques étant des attaques contre le parti et celui ci étant l'incarnation du pays... Ce procédé n'est pas réserve à la Chine. Ailleurs la presse, largement privatisée, joue le role du parti et attend d'avoir les remèdes du grand timonier pour aborder les difficultés. Le traitement du covid par les médias est éloquent. neutral

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#535 Le 25/12/2020, à 15:52

jackpot

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Je termine "Une vérité à deux visages" de Michael Connelly. Un bon polar.

Et je commence un nouveau Connelly : "Mariachi Plaza".

J'aime l'univers de L.A décrit par Connelly : on s'y croirait.

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#536 Le 30/12/2020, à 12:22

CM63

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Bonjour,

J'ai fini de lire "la baie des perles noires" de Kansalik, finalement c'était pas mal, un bon polar. Ma critique ici.
Sinon, j'arrive au bout des Frères Karamasov, j'en suis au prologue, il a été jugé coupable, le jeune frère missionnaire supervise l'évasion en donnant de la vodka aux fonctionnaires.


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#537 Le 16/01/2021, à 19:47

CM63

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

J'ai lu "le front dans les nuages" de Henri Troyat, toujours trouvé dans un passe-livres. Un peu plus intéressant que le précédent Troyat, genre roman psychologique, assez court.


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#538 Le 23/01/2021, à 05:43

gazimel

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

J’ai pu me procurer le livre de Alice Ekman. Clair, à la portée du lecteur très moyen, il abonde en informations actualisées. Dommage, il reste cantonné dans la politique. l’auteure nous prévient p 232 « La Chine promeut-elle réellement un système socialiste dans le monde ? Tout dépend de la manière dont « socialisme » est défini, et ce débat demanderait une discussion théorique approfondie, qui n’est pas l’objet de ce livre. » Je reste donc sur ma réserve à propos du caractère communiste ou même socialiste du pouvoir chinois.
Malgré ce manque, à lire pour mieux comprendre l’empire du milieu.

Dernière modification par gazimel (Le 23/01/2021, à 05:44)

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#539 Le 23/01/2021, à 08:59

CM63

Re : Qu'est-ce que tu lis en ce moment...?

Bonjour,

En ces temps de pandémie, je vous recommande "la peste écarlate" de Jacques London (domaine public, y compris la traduction française).

A part cela, je suis en train de relire, ou plutôt de réécouter, "Les Frères Karamazov" de Fiodor Dostoïevski, dans une autre version, également audio, car la précédente version que j'ai écoutée avait été qualifiée par le traducteur lui-même de "adaptée", en fait il manque des chapitres entiers, je m'en suis rendu compte en lisant la page de Wikipedia consacrée à ce roman. Cette seconde version que j'écoute, lue par une femme, cette fois-ci, serait intégrale.

Dernière modification par CM63 (Le 23/01/2021, à 09:06)


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