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#1 Le 04/02/2017, à 15:56

LienRag

The Donald

Ceci, malgré les apparences, n'est pas un appeau à trolls (je pense sincèrement que pas grand-monde n'est intéressé par l'avis des forumiens désoeuvrés sur les provocations de Trump), mais une tentative de voir ce que l'élection d'un candidat imprévisible peut changer pour le libre...

Apparemment les mobilisations de masse actuellement organisées par l'équipe de campagne de Bernie Sanders (très intelligemment, si je peux donner mon avis) n'ont pas du tout inclus de volet "protection des données" (et donc inexorablement "abandon de tout système propriétaire"), de façon assez décevante amha mais partiellement prévisible.
Pourtant c'est un axe majeur et il est inéluctable que ce mouvement devra s'emparer de cette question ou échouer: avec un gouvernement aussi répressif que celui actuellement en place, confier toute son informatique à l'ennemi n'a aucun sens (pour mémoire, le nouveau responsable du renseignement mis en place par Trump ne fais meme plus semblant, il a dit ouvertement qu'il fallait que ses services surveillent tout ce que dit tout le monde sur le Net - je n'ai pas le verbatim avec moi mais le sens était clair).
Quelles sont les forces qui sont capables de porter un tel travail d'explication et de conviction, puis d'organisation? Passer la moitié de la population américaine sous Linux ne se fera pas à coups de RTFM...

Qu'est-ce que les forces du libre à l'étranger peuvent faire, et pour appuyer les libristes ricains (par exemple en hébergeant tout ce qui risque d'être attaqué chez eux), et pour développer ici aussi un argumentaire rationnel et non apocalyptique, maintenant qu'il est devenu clair que les USA sont devenus un pays (ou au moins un gouvernement) ennemi et que personne d'honnête ne peut plus contester ce fait?

Le "soft power" américain est mort le 20 janvier, même si tant de gens ont leur statut social et leur existence attachés à leur propre compromission avec ce soft power qu'ils ne peuvent accepter cette mort et vont tenter de maintenir ce cadavre pendant un certain temps...
Or ce "soft power" est une des principales sources de l'aberration totale que sont les lois sur la "propriété intellectuelle" en Europe (et encore plus sur l'imposition au monde entier de ce concept fourre-tout sans base théorique valable de "propriété intellectuelle"), ainsi que de l'hégémonie de Microsoft.
Comment mener l'offensive donc pour achever ce concept-zombie et amener une autonomie de penser (qui n'empêche pas de s'inspirer de concepts américains, mais après examen critique et non à coup de dîners en ville) en Europe, en France et dans le monde?

Egalement, il est très difficile de comprendre exactement quel est le programme politique concret de Trump et son équipe, et même de savoir s'il en a objectivement un cohérent ou pas, voire encore de qui décide réellement (Trump? Pence? Le dernier qui a parlé?).
La propagande démocrate sur le sujet est ridicule; ce qui me choque le plus est la façon dont tous sont d'accord pour dire que sa communication est catastrophique parce qu'elle ne correspond pas à leurs critères à eux, alors que la grande force de Trump est justement d'avoir cassé tous les codes de communication et de savoir parfaitement s'infiltrer dans la faille entre le discours de ses adversaires et leurs actes concrets pour les disqualifier et assurer l'hégémonie de son propre discours clivant auprès des masses conservatrices...

Mais le mépris affiché pour la loi par les premières semaines du nouveau pouvoir et la façon dont le cabinet Trump, selon le mot de Chomsky, officialise la transition d'une démocratie imparfaite vers une vraie oligarchie, interrogent l'avenir de la protection juridique dont a bénéficié, essentiellement par défaut, le libre jusqu'à présent.
Avec quelqu'un chez qui clairement seul compte le rapport de force, il va être pertinent de demander "le libre, combien de divisions?"...

J'avoue être incapable de dire si, au-dela de la probable disparition du principe de neutralité du Net aux USA (enfin, sauf si les contradictions entre fractions du capital ricain amènent finalement Trump à revenir sur ce qui semble être son orientation actuelle), les licences libres sont réellement menacées et encore moins comment précisément se fera cette menace, ni quelles défenses peuvent être menées sur le plan juridique ou politique.
Ce qui me rend assez pessimiste par contre est que nombre de libristes ricains (et d'ailleurs) semblent penser que la loi existe en soi, et oublier les mécanismes sociaux et politiques qui conditionnent son existence; ce qui logiquement les désarme complètement lorsque ces mécanismes sociaux et politiques qu'ils ont essentialisés disparaissent...

Le libre étant à la base une innovation juridique et non technique, que se passe-t'il si le droit disparaît? Y'a-t'il des solutions techniques à mettre en place pour défendre le potentiel d'émancipation porté par le libre? Quelle va être l'infrastructure politique à mettre en place pour porter ces solutions techniques, aux USA, ici, ou ailleurs?

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